Retrouvez le rapport complet de l’UNESCO en français, espagnol et anglais.
17 octobre 2012
19 janvier 2010
Lancement du rapport de suivi de l’EPT UNESCO
Le rapport de suivi de l’EPT, dévoilé hier, mesure les chemins accomplis sur la voie de la scolarisation universelle ou Education pour Tous (EPT). C’est le 8ème rapport réalisé par une équipe indépendante sous l’égide de l’UNESCO, suite au forum mondial de Dakar en 2000. En dehors du suivi des progrès en matière d’éducation, le rapport traite de l’impact de la crise financière et s’attache à décrire les conditions pour une véritable scolarisation universelle en se penchant sur les populations marginalisées. Le dernier chapitre analyse et critique les efforts menés ces dernières années pour augmenter et mieux coordonner l’aide au développement.
Le résumé du rapport en français. Le rapport complet en anglais.
Les questions d’éducation n’ont pas la même visibilité ces derniers temps que les questions de santé publique et récemment d’environnement avec le sommet de Copenhague. Les résultats enregistrés sur la voie de la scolarisation universelle sont globalement positifs mais « certains indicateurs mondiaux sont préoccupants ». Le rapport contient une multitude d’informations et de chiffres qu’il n’est pas facile de synthétiser.
Les progrès enregistrés ces dernières en matière d’éducation sont dus en partie à une augmentation des budgets consacrés à l’éducation soutenus par une croissance économique relativement bonne, en Afrique par exemple (6,5% par an en moyenne entre 2002 et 2007, selon le FMI). La crise financière risque de mettre à mal les budgets éducatifs qui reposent en partie sur l’aide au développement : « Si la reprise mondiale venait à s’essouffler […] la couverture des déficits publics et extérieurs deviendrait problématique. Dans ce cas, et sans une remontée de l’aide internationale, les gouvernements africains seraient amenés à couper dans les programmes d’investissement public, obérant ainsi les perspectives de développement de la région à plus long terme ».
Ceci n’est pas l’avis d’experts en développement mais celui de banquiers ! Note de conjoncture, BNP Paribas, décembre 2009.
L’augmentation des effectifs scolaires, qui ont doublé dans certains pays en dix ans, pourrait faire machine arrière et/ou les dépenses par élève risquent de baisser entraînant une dégradation des conditions d’enseignements. Les données administratives, légèrement sous estimés lorsque l’on compare avec des données d’enquête ménages, nous montrent que se sont encore plus de 140 millions d’enfants qui n’ont pas accès à un enseignement primaire ou secondaire en 2007. Une part importante des élèves sortent de l’école primaire sans savoir lire et écrire.
Les ressources supplémentaires estimées à 16 milliards de dollars par an pour financer l’éducation de base dans 46 pays à bas revenus représentent 2% des aides reçues par quatre banques commerciales au Royaume Uni et aux USA dans le cadre des plans de relance. Tout cela pour un coût moyen de scolarisation de 68 US $ par élève, estimé en 2007. Soit moins cher qu’un téléphone portable !
Le rapport propose d’instaurer un moratoire sur la dette dans 49 pays et de mettre en place un système en cascade ou les organisations internationales (ou le « global compact ») couvrent les pays les plus pauvres qui à leur tour s’engagent à protéger de l’impact de la crise les populations les plus vulnérables. Le rapport préconise ainsi de réformer l’initiative Fast Track visant à mobiliser les ressources mondiales et ouvre la voix à un fonds mondial « Education », promesse du président Obama.
Le dernier chapitre, le cœur du rapport, aborde les questions de droit à l’éducation pour les populations marginalisées par la pauvreté, le genre ou leur appartenance ethnique.
Le rapport n’y va pas de main morte :
« Les gouvernements ont systématiquement violé l’esprit et la lettre des conventions des conventions des Nations Unies les obligeant à travailler pour une égalité des chances en éducation. »
Des outils de mesure des phénomènes de marginalisation en éducation sont proposés. Des exemples sont donnés comme ceux des pasteurs nomades en Afrique ou des locuteurs Quechua en Amérique latine mais aussi des migrants dans les pays du Nord. Le rapport préconise d’augmenter les dépenses éducatives pour mettre en place des politiques spécifiques pour les populations marginalisées. Les pratiques linguistiques apparaissent centrales puisque 221 millions d’enfants parlent une langue qui n’est pas reconnue à l’école ou dans les documents officiels.
Ainsi, il faut reconnaître que la scolarisation des populations marginalisées ou marginales, en dépit des conventions des Nations Unies, n’ont pas fait toujours l’objet d’attention de la part des gouvernements centraux. Plusieurs raisons peuvent être avancées : certains gouvernements sont constitués sur une base ethnique et l’absence de couverture scolaire devient ainsi une arme politique envers les minorités, certains projets (notamment des ONG’s) visent essentiellement les populations marginalisées en se substituant au rôle de l’Etat. Ce sont là des opinions personnelles. Tout comme les auteurs du rapport, il me semble qu’il soit difficile de bien situer les responsabilités dans les succès et échecs de l’Education pour Tous. Est-ce là l’enjeu ?
On retiendra qu’il faut trouver 16 milliards de dollars par an. Alors, vous pouvez faire un geste par exemple, en achetant un ordinateur à un enfant (One laptop per child).
