Un blog sur l'éducation dans les pays du Sud – A blog on education in the developing countries

4 avril 2011

Etudier en plein conflit, un étudiant raconte

Filed under: Education et conflits, Uncategorized — education_south @ 18 h 10 min

H., étudiant en école d’ingénieurs, nous raconte sa vie quotidienne à Abidjan.

Etudier en période de crise socio-politiquede conflit ou de guerre est non seulement un défi ardu mais aussi une aventure périlleuse. Depuis les élections présidentielles de décembre 2010, la Côte d’Ivoire traverse une période sombre de son histoire marquée par de graves troubles socio-politiques.

Dans le but d’éviter une année blanche (sans cours), mon Ecole revoit les horaires des cours. Autrefois prévus de 7h 45 à 12h, les cours matinaux commencent désormais à 8h 30 et prennent fin à 12h 45. Ce réaménagement devrait permettre aux responsables de l’Ecole de se faire une idée du climat socio-politique qui prévaut dans la ville avant de demander aux élèves de venir au cours. Quant aux cours de l’après-midi qui se déroulaient initialement entre 13h 30 et 17h 30, ils débutent maintenant à 14h et se terminent à 16h GMT. L’idée est de permettre aux étudiants de s’approvisionner en vivres le plus tôt possible afin de limiter au maximum les sorties nocturnes pouvant s’avérer suicidaires. Il convient de souligner au passage que lorsque l’Ecole estime que la situation socio-politique est inquiétante, elle mobilise ses cars pour assurer le transport des élèves.

Après ce détour par la façon dont l’Ecole s’organise pour dispenser les cours dans cette période de crise post-électorale, voyons comment, au niveau individuel ou collectif, les élèves s’organisent pour étudier. Compte tenu de la conjoncture, nous sommes psychologiquement affaiblis. De fait, il nous est difficile voire impossible de nous concentrer sur les études face à un avenir compromis et hypothétique. Les tirs à l’arme lourde, les crépitements de fusils, les détonations assourdissantes d’obus sont autant d’éléments qui cassent le moral et inhibent l’apprentissage. Pour preuve, dans la nuit du jeudi au vendredi 1er avril, les combats ont été rudes au point qu’on se demandait si on pourrait assister au lever du jour. Dans cet état de psychose provoqué par un flirt permanent avec la mort, qui peut penser ne serait-ce qu’une seconde aux études ? Cela étant, nous n’arrivons pas à étudier jusqu’alors parce que le moral est bas. De temps à autre, nous suivons des films d’humour ou nous nous connectons à Internet, histoire de nous relaxer et de nous déstresser.  Cependant, dès qu’un calme apparent revient, nous reprenons courage et nous nous organisons pour travailler soit individuellement soit en groupe. Nous estimons que dans des périodes de troubles, un travail en groupe motive plus qu’un programme d’apprentissage individuel.

En fait, les élèves sont disposés à étudier mais ils ont besoin, tout comme l’investisseur, d’un signal, d’une garantie qu’il y aura une stabilité socio-politique.

H.

Un commentaire »

  1. c’est fascinant de lire les histoires des étudiants.

    Commentaire par formation quebec — 13 mai 2011 @ 15 h 06 min


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