Un blog sur l'éducation dans les pays du Sud – A blog on education in the developing countries

1 mars 2012

L’éducation numérique en Françafrique

Dans cet article, tout est sans doute faux et c’est surement tant mieux.

La DIENA (Délégation Interministérielle à l’Education Numérique en Afrique) est dotée d’un budget de 50 millions d’euros ?? (ou 15 millions officiellement). Le projet prolonge quelque peu les inforoutes francophones. Tout internetomobiliste ayant pu circuler sur les fameuses routes est prié de se manifester. Vaste blague.

Dans le milieu français de la coop. (ou ce qu’il en reste) beaucoup s’interrogent sur cette initiative pilotée par Alain Madelin. Cet odieux personnage, au passé fasciste, chantre de l’ultralibéralisme est donc chargé par la Présidence de développer l’éducation numérique en Afrique et d’agir pour les « ch’tis n’enfants ». Agit-il pour le compte de la World Company ?  Voir cette fameuse vidéo des guignols avec le Commandant Sylvestre, « il faut libéraliseeer ».

« Patrick Devedjian et Alain Madelin, fondateurs du mouvement Occident, mouvement étudiant d’extrême droite seront condamnés par le tribunal correctionnel de Draguignan à un an de prison avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve pour vol et détention d’armes. ». La bande de guignols était complétée par Gérard Longuet, ministre de la Défense, plusieurs fois mis en examen.

Quel est l’objectif de cette DIENA ? La question se pose puisque Madelin (à deux lettres près un cartel colombien) parle de faire des « plus value ». Que fait la DIENA ? Elle distribue des tableaux blancs interactifs en Afrique. C’est sans doute très bien mais on peut s’étonner des moyens mis à disposition, comme un ambassadeur chargé de mission, un VRP-VIP en somme, dans un contexte de réduction drastique des dépenses publiques. Il s’agit de la fameuse RGPP, qui a eu raison de la DGCID (la Coop.), saluée comme un avancée par nos « camarades » de l’OCDE, mais décrié par l’Assemblée Nationale et la Cour des Compte, que l’on incite d’ailleurs à lorgner du côté de la dite DIENA.

D’un côté, on a vendu l’immeuble historique de la coop. « Rue Monsieur », sabré tous les projets FSP (Fonds de Solidarité Prioritaire) et les budgets des instituts culturels (qui équivalent souvent le coût du séjour d’un vulgaire Secrétaire d’Etat de la coop. dans un pays) ; de l’autre on investit dans le numérique. Ca fait bien, moderne, ca fait « in », ca fait AAA, ah non pardon AA+.

Monsieur Madelin se comporte de manière outrancière lors des réunions de la Francophonie (s’invite avec son cigare à la table des ministres), tout comme son collègue Darcos à deux doigts de provoquer un incident diplomatique au Canada. Ils sont la honte de la France. Ces personnages malfaisants et grossiers ont contribué à la mise en œuvre d’une NON politique de coopération et à pourrir les relations franco-africaines.

La DIENA est une sorte de partenariat public-privé très opaque qui : « s’inscrit dans la contribution française au partenariat franco-britannique », lui-même complètement virtuel. Elle se fonde sur les cendres du Fonds Mondial de Solidarité Numérique, qui n’a de mondial que le nom. Là encore sur le site de ce fonds mondial sans le sou, on y vend des TBI Low Cost. Yeah ! Le contenu du site de la DIENA tient sur un post it…Tout ce que l’on sait : « c’est un projet conçu par les africains pour les africains », un langage de gardé à vu présumé innocent.

Une revue des plans de développement de l’éducation des pays africains francophones montre que les priorités « nationales » ne sont pas l’achat de matériel informatique dans les écoles. Rien n’empêche de multiplier les projets d’introduction de l’informatique dans les écoles, mais pourquoi choisir un seul type de matériel, sur quelles bases ces choix ont été opérés ? Y a-t-il eu des évaluations d’impact?

Quelles sont les sociétés qui vendent ces matériels : Bolloré bien sûr !! Voir en dessous de cette vidéo sur les TBI au Niger : « Le Tableau Numérique Interactif en Afrique est une initiative du REPTA (Réseau Éducation pour Tous en Afrique) avec le soutien de SMART Technologies (inventeur du TBI-NDLR) et Le Groupe Bolloré. »

Quel est exactement la part de l’intérêt public et celle du privé dans cette affaire ?

On apprend sur le site du projet Sankoré, qu’on a remis cinq mallettes Sankoré (sic !) au « Collège militaire Eyadéma de Tchitchao, vitrine de l’enseignement secondaire au Togo affichant de brillants résultats aux examens du baccalauréat ». Très intéressant, ma fois révélateur, comment consolider le pouvoir militaire du Togo de générations en générations. Mais bon ne critiquons pas, pour une fois que les mallettes vont dans le bon sens.

Il s’agit également de refourguer les vieux ordinateurs en Afrique, comme on fait avec les voitures. « En France, on incite les entreprises à donner leurs vieux ordinateurs à leurs salariés, sans charges sociales ni fiscales, comme prévu par la loi de Finances 2008, Éric Besson […] vient de signer une charte devant servir de « cadre de mise en oeuvre » à ce projet, ce mardi 24 juin 2008. Cette signature avec des « entreprises pilotes » comme Bolloré… » comme c’est mignon !

Curieusement, l’économie numérique est placée au Secrétariat d’Etat chargé de la Prospective, de l’Évaluation des politiques publiques, qui ferait bien de s’auto-évaluer. En France, la mission sur les TIC pour l’éducation était dirigée par Jean-Michel Fourgous, député UMP, Président de l’amicale France-Congo, qui s’est permis de critiquer les observateurs de l’UE des élections congolaises. Proche de Dassault et grand fan des avions Rafale (« le meilleur avion du monde »), il est également partisan d’un retour (partiel) à la peine de mort !Tout cela semble très mal parti.

Les dispositifs français de coopération éducative et culturelle ont été saccagés par la Présidence Sarkozy, qui a recruté la demi-sœur de Carla Bruni-Sarkozy comme « spécialiste du développement international » (l’information vient du Figaro), Première Dame elle-même mis en cause sur la question de l’utilisation du Fonds Mondial Sida.

Il est légitime de s’interroger sur cette manne de 50 millions d’euros ?, donnée à Alain Madelin comme un os à ronger. A qui cet argent profite t’il : aux petits africains ou aux groupes industriels des amis de la Présidence ?

Par mesure de précaution, il est grand temps de changer ce gouvernement malsain et corrompu, dans l’intérêt de la France et dans celui des africains. Utilisons le seul outil interactif qu’il nous reste : le vote !

 Pierre Varly

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