Un blog sur l'éducation dans les pays du Sud – A blog on education in the developing countries

12 mai 2017

Les collèges de proximité en Côte d’Ivoire

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Par Laurent Cortese, responsable éducation AFD Côte d’Ivoire

En 2009, le gouvernement ivoirien a décidé de lancer une réforme des collèges consistant notamment à la construction d’un grand nombre de petits collèges en milieu rural. Cette réforme vise plusieurs objectifs :

  • Répondre à une demande croissante d’éducation dans le 1er cycle de l’enseignement secondaire : la hausse attendue des élèves diplômés du primaire, du fait d’une pression démographique croissante et de l’amélioration du taux d’achèvement du primaire va conduire à une forte demande des ménages pour un enseignement secondaire notamment dans le premier cycle. Ainsi, il est prévu que les effectifs de ce cycle passent d’environ 1,2 millions d’élèves en 2015 à 2,1 millions en 2025. Ceci est d’autant plus vrai que le gouvernement a approuvé en 2015 une loi rendant la scolarisation obligatoire pour les enfants de 6 à 16 ans ;
  • Adapter son offre au milieu rural et aux filles: en effet, il apparait que les enfants issus de ménages ruraux rencontrent le plus de difficultés pour accéder au collège et pour y rester ; c’est encore plus critique pour les jeunes filles. Ainsi, seulement 2 % des filles rurales pauvres peuvent espérer achever le secondaire. « La mise en perspective des données de 2012 avec celles de 2006 montre que la situation s’est dégradée pour les ruraux sur la période, ayant peu ou pas bénéficié de l’expansion du système aux niveaux post primaires, comme l’attestent les rapports de chances relatives en faveur des enfants urbains, en hausse de 2,0 à 4,3 au collège et de 4,3 à 11,4 au lycée. Ces résultats reflètent, en partie, l’état de la couverture des établissements scolaires sur le territoire : si celle-ci semble relativement homogène pour ce qui est des écoles primaires, ceci est loin d’être le cas des collèges, lycées et établissements supérieurs, pour l’essentiel localisés en milieu urbain. La construction des collèges de proximité et des lycées en milieu rural est une nécessité absolue et impérieuse pour réduire la fracture sociale qui existe actuellement entre les urbains et les ruraux dans l’accès aux services éducatifs » (RESEN, 2016) ;
  • S’assurer que la qualité de la formation et le niveau des acquisitions des élèves s’améliorent : Les collèges ruraux ne doivent pas être des établissements de second choix, ils doivent permettre aux élèves de suivre le même programme qu’en milieu urbain dans un environnement de qualité qui facilitera l’adhésion des communautés ;
  • Respecter les contraintes budgétaires publiques : cette stratégie va être coûteuse dans la mesure où les besoins de construction seront très importants avec des coûts unitaires élevés compte tenu du fait que le développement des collèges se fera dans des zones potentiellement éloignées. Malheureusement, les fonds disponibles dans le secteur de l’éducation et de la formation sont limités et doivent être partagés entre les différentes composantes du secteur. Dans ces conditions, il convient d’identifier des mesures qui permettront de réduire considérablement les coûts de mise en œuvre du programme des collèges de proximité, notamment en procédant au recrutement d’enseignants bivalents.
  • Assurer le développement équilibré du système d’éducation et de formation ; c’est-à-dire d’un système d’éducation et de formation soutenable financièrement et qui répond aux besoins socio-économiques du pays. La mise en œuvre de la réforme des collèges doit constituer un élément essentiel du mécanisme de gestion des flux ; en effet, si tous les diplômés du collège entraient dans l’enseignement secondaire général ou technique, une grande partie irait ensuite dans l’enseignement supérieur, augmentant encore le nombre d’étudiants alors même que les débouchés dans le secteur formel n’auront pas suivi. Le collège doit donc à la fois assurer un socle de compétences fondamentales pour tous les enfants et préparer l’orientation.

tof collège 1

 Le collège de proximité (C2D)

  Une nouvelle organisation des enseignements

Cinq blocs disciplinaires et un service d’enseignement de 21 heures hebdomadaires par enseignant ont été définis et adoptés, après des échanges constructifs entre toutes les parties prenantes.

Les blocs de discipline identifiés sont les suivants : bloc 1 (Français, Histoire et Géographie), bloc 2 (Français, Éducation aux droits de l’homme et à la citoyenneté), bloc 3 (Anglais, épreuves physiques et sportives), bloc 4 (Mathématiques, Technologies de l’information et de la communication) et bloc 5 (Physiques, Chimie et Sciences de la vie et de la terre).

Pour leur fonctionnement, le nombre d’enseignants bivalents et de personnel administratif par collège est défini à 10 enseignants, 1 chef d’établissement, 1 économe, 2 éducateurs et 1 secrétaire.

 Améliorer significativement l’efficacité interne à travers la réduction des redoublements et des abandons du niveau collège.

L’organisation du collège favorise de meilleures conditions d’apprentissage : temps d’enseignement amélioré, ensemble des disciplines couvertes par des enseignants bivalents, réduction de l’éloignement vis-à-vis des familles. La réduction de l’absentéisme des élèves et des enseignants favorise une plus grande réussite des apprentissages.

L’amélioration des résultats d’apprentissage semble possible : Les premiers résultats sur la 1ère année des collèges de proximité sont positifs puisque le taux de passage vers la 5ème est de 95 % et de 91 % pour les filles. Les taux de redoublement sont inférieurs de moitié par rapport à la moyenne nationale. Toutefois ces résultats ne sont pas suffisants pour apprécier le niveau d’apprentissage des élèves dans ces établissements. Des études complémentaires sont prévues notamment sur les acquis scolaires.

Construire des infrastructures au plus près des populations à un coût maitrisé

Plusieurs Partenaires Techniques et Financiers appuient cette réforme. Une première étape a permis la construction de 49 collèges (7 sur financement du Partenariat Mondial pour l’Education avec une mise en œuvre de la Banque Mondiale, 2 par l’USAID et 40 par la France à travers le projet Education du Contrat de Désendettement et de Développement (C2D). Une deuxième phase du projet Education-C2D prévoit le financement de près de 200 collèges.

Des plans types communs ont été validés par le Ministère, les PTF et la Société Civile. Ces plans visaient à permettre la construction d’un collège à très bas coût en tenant compte des contraintes en milieu rural, notamment l’absence d’eau courante et d’électricité. Ces plans correspondent à des collèges à base 2 (2 classes par niveau) qui disposent de huit salles de classe, une salle informatique et un bureau des professeurs et des bureaux pour les personnels administratifs.

L’identification des sites des collèges répond aux critères suivants : les collèges doivent être proches des communautés pour s’assurer que les élèves parcourent moins de 5 km pour atteindre l’établissement. Ce qui permet aux enfants des rester dans leurs familles, contribuant fortement à l’amélioration de leur sécurité, notamment pour les filles dont un nombre non négligeable est victime de grossesses précoces conduisant souvent à l’abandon. Un collège devra couvrir un nombre d’écoles primaires suffisant pour justifier un collège de type 2 avec 320 élèves.

D’importantes difficultés ont été rencontrées avec les entreprises de constructions qui peinent à intervenir dans des zones reculées. Les retards sont importants et les communautés ont trouvé des locaux transitoires pour ouvrir des classes de 6ème et de 5ème.

Tof collège 2

Locaux provisoire pour les classes de 6ème et 5ème dans la localité de Kouassi-Ndawa

La bivalence pour une meilleure gestion des enseignants

« Si de façon réglementaire, les enseignants sont tenus de faire 21 heures par semaine dans le 1er cycle et 18 heures hebdomadaires dans le 2nd cycle, dans la pratique, le système est très loin de cette réalité. En effet, les enseignants du collège font une moyenne de 14 heures d’enseignement par semaine et ceux du lycée moins de 12 heures, en moyenne. Ce résultat traduit un taux de sous-utilisation assez élevé des enseignants du secondaire (32 % au collège et 36 % au lycée) et appelle à la mise en place de mesures de rationalisation de leur utilisation » (RESEN, 2016). C’est pourquoi, le Ministère de l’Education fait reposer la réforme des collèges sur la bivalence des enseignants (ils enseignent deux disciplines) et à la réorganisation des curricula autour de cinq pôles de discipline d’égale importance.

Les enseignants sont recrutés sur concours externes ou parmi les enseignants ordinaires du primaire ayant un niveau universitaire, à savoir au moins le Bac+2. Une fois admis, ils suivent un an de formation théorique à l’ENS et font un an de pratique sur le terrain.

Ces collèges dispensent un enseignement identique à celui des collèges classiques, l’ensemble des matières étant enseignées par des professeurs bivalents, recrutés sur concours et formés spécialement à cet effet à l’École Normale Supérieure (selon décision du Conseil des ministres).

Médiation sociale pour l’implantation des collèges avec l’appui des ONG

Pour faciliter l’implantation des collèges, le Ministère a fait appel dans le cas des collèges financés par le C2D à des ONG qui mettent en œuvre des activités de mobilisation des communautés pour s’assurer que les différentes communautés bénéficiant du collège vont y scolariser leurs enfants notamment les filles. L’intervention de ces ONG doit permettre également une appropriation forte du collège par les communautés à travers la création de Comité de gestion des établissements scolaires (COGES) qui doivent assurer notamment la maintenance du collège. De plus, les ONG sensibilisent les communautés à la nécessité de construction de logements pour le personnel du collège et à la création d’une cantine. L’intervention des ONG a été très appréciée dans la gestion de conflits entre plusieurs villages qui refusaient de partager un même collège. Le personnel des ONG travaillent en collaboration étroite avec les autorités locales et les chefs de villages pour s’assurer que les enfants du bassin de scolarisation ont accès aux collèges.

Des défis restent à relever

Le problème de la qualité est d’autant plus critique que de nombreuses contraintes pèsent sur le système :

  • Les manuels scolaires ne sont pas fournis par le Ministère et les familles en milieu rural n’ont pas les moyens pour les acheter. Le Ministère, avec l’appui du C2D étudie la possibilité de mettre en place un système de prêt ;
  • L’Ecole Normale Supérieure pourrait ne pas être en mesure de former suffisamment d’enseignants compte tenu des besoins importants (environ 8 000 pour les 10 prochaines années). Par ailleurs, la formation fournie par l’ENS se fait sans aucune intervention du Ministère de l’Education Nationale ; ce qui risque de conduire à une formation trop théorique. L’accompagnement sur le terrain semble inexistant, les nouveaux enseignants étant livrés à eux-mêmes. Le Ministère souhaite donc développer un système de formation continue ;
  • Le développement de l’enseignement des sciences nécessite l’acquisition d’équipements trop chers. Le Ministère doit mettre en place une nouvelle stratégie pour enseigner les sciences à un coût abordable ;
  • L’augmentation des effectifs semble plus importante que prévue et l’insuffisance de construction de collèges par le gouvernement dans les villes accentue la pression sur les collèges de proximité qui constituent souvent la seule offre scolaire.

Finalement, cette réforme s’inscrit directement dans l’agenda international qui fixe comme objectif que « d’ici à 2030, toutes les filles et tous les garçons suivent jusqu’à son terme un cycle d’éducation de base de qualité, gratuit et obligatoire, de 9 années au moins, et obtiennent des résultats d’apprentissage pertinents ». L’installation de cette réforme est un long processus, qui appelle à repenser un certain nombre d’éléments de la politique scolaire nationale : infrastructures, formation et gestion du personnel éducatif, articulation avec les autres niveaux d’études, etc. Pour aller plus loin dans la réflexion, plusieurs études sont prévues, notamment :

  • un projet de recherche pour analyser le processus de construction de cette réforme et les perceptions des différents acteurs et bénéficiaires ;
  • une étude de suivi et d’évaluation de mise en œuvre de la réforme pour permettre au gouvernement de faire les ajustements nécessaires ;
  • des études sur les acquis des élèves.

Il convient, enfin, de rappeler que la réforme des collèges aura un impact considérable en matière d’aménagement du territoire et de lutte contre la pauvreté en milieu rural :

  • en renforçant la présence de services publiques dans des zones éloignées ;
  • en augmentant la productivité de la main d’œuvre et ainsi en favorisant le développement économique local ;
  • en accroissant la scolarisation des filles dans le secondaire premier cycle, la recherche a montré que ces dernières font une meilleure utilisation des méthodes de planning familial, accélérant accélérant la transition démographique.

Les effets de cette réforme seront donc plus importants si elle accompagnée par une amélioration de l’offre de santé en milieu rural et un développement des mécanismes de soutien à l’emploi des jeunes, des secteurs appuyés fortement par le C2D.

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26 janvier 2013

USAID: From the American to the American people ? a frog point of view

Filed under: Financer l'éducation, Uncategorized — Étiquettes : , , , , , , , — education_south @ 15 h 56 min

Très bonne année 2013 à toutes et à tous ! Ravi de reprendre ce blog un peu délaissé en 2012 faute de temps, mea culpa.

En janvier 2009 et 2013, votre serviteur a eu la chance de participer à des réunions organisées à Washington sur la mesure de la qualité des acquis scolaire, auxquelles étaient conviés la plupart des opérateurs de l’aide américaine (USAID contractors/vendors). La réunion de 2013, quelques jours avant l’investiture d’Obama, a été organisée par le Partenariat Mondial pour l’Education et la Basic Education Coalition.

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<<<<< La tribune d’Obama devant la Maison Blanche, janvier 2013

Cette coalition ou groupe de pression fait le plaidoyer en faveur de l’éducation de base dans le monde en assurant la liaison avec le Congrès américain notamment. C’est une sorte de consortium des grandes sociétés américaines et ONG (non profit) travaillant dans le domaine de l’éducation. La coalition est impliquée dans l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie américaine d’aide au développement révisée en 2011.

Trois objectifs sont recherchés par l’USAID en matière d’éducation:

  1. l’amélioration des capacités de lecture pour 100 millions d’enfants au primaire
  2. l’amélioration de la capacité de l’enseignement supérieure et des programmes de formation à produire des compétences soutenant le développement des pays
  3. l’accès équitable à l’éducation dans les pays en crise et en conflit pour 15 millions d’enfants

Le but de l’atelier était donc de se pencher sur les méthodes de mesure des objectifs. Le premier n’est pas exprimé en termes de taux de scolarisation ou de nombre d’enfants à scolariser mais en termes de capacité de lecture. L’objectif de 100 millions d’enfants peut avoir des effets pervers car l’aide peut être fléchée vers des pays à large population (Inde, Pakistan par exemple). Interrogés sur cette question, les représentants de l’USAID ont indiqué que l’agence n’avait pas foncièrement l’intention de se concentrer sur les pays à forte population (Wait and see !). Quant au 3ème objectif en soi tout très louable, il permet de légitimer les investissements considérables réalisés en Afghanistan, le premier pays bénéficiaire de l’USAID, suivi par le Pakistan. Voir ici pour des informations sur les dépenses d’éducation du Pakistan comparées aux dépenses militaires.

On notera d’ailleurs qu’une des plus grosse ONG américaines (Academy for Educationnal Development) a été fermée car suspectée de fraude au Pakistan et en Afghanistan. De plus, s’agissant du 3ème objectif, les opérateurs en éducation seront amenés à travailler avec les agences de sécurité, mélange des genres pour le peu surprenant. A ce titre, des extrémistes pakistanais ont tués neuf humanitaires travaillant à l’éradication de la polio, accusés d’être des agents.

Aide américaine pour les 20 premiers pays et opérateurs (2012) en US$

USAID spending

Le graphique ci-dessus nous montre ainsi que si la société Chemonics était un pays, elle serait placé au 3ème rang des bénéficiaires, voir cet article pour plus de détails. Cette société emploie 4800 personnes à travers le monde.

Les données sur l’aide américaine sont disponibles sur le site de l’USAID (Where does the Money go ?). L’éducation n’arrive qu’en 5ème position, loin derrière la santé. Les données permettent également de mesurer les fonds alloués à chacun des opérateurs de l’aide mais ne distinguent pas la part de l’argent qui arrive vraiment à destination sur le terrain dans les pays de celle qui revient aux USA. En effet, l’aide US se caractérise par des procédures qui obligent les contractants à acheter des biens et services aux USA, quand bien même ils seraient disponibles et moins chers dans les pays visés. On parle d’aide liée, qui est interdite dans le cadre des projets européens au nom de la libre concurrence. Ce qui explique peut être aussi pourquoi les écoles françaises sont équipées d’Ipad plutôt que de tablettes Archos ou BIC.

Ce mémo de l’ambassade française aux USA (2010) rédigé à partir des données du Comité d’Aide au Développement de l’OCDE (CAD) nous dit que :

  • « Les USA ont cessé de notifier leur part d’aide liée à l’OCDE entre 1996 et 2006,
  • le taux d’aide liée a baissé de 68 à 32% entre 2005 et 2008,
  • l’administration Obama a pris position en faveur du déliement  de l’aide,
  • l’aide liée conserve de solides soutiens au Congrès. »

On se demande bien lesquels ?

Le directeur de l’USAID a lui-même critiqué les mécanismes de l’aide : « on ne peut pas se satisfaire de signer des gros chèques aux contractants et de l’appeler dévelopement – no longer satisfied with writing big checks to big contractors and calling it development » faisant même référence au discours d’Eisenhower sur l’émergence d’un complexe militaro-industriel.

On ne sait pas très bien dans quelle mesure la stratégie US va être réellement amenée à changer, même si elle est de plus en plus alignée avec celle du Partenariat Mondial pour l’Education auquel les USA ont promis 20 millions de $. Une économiste française, Esther Duflo, a été recrutée comme conseillère dans l’administration d’Obama. Elle a qualifié l’USAID de « nébuleuse mêlant intérêts publics et privés », Libération du 6 janvier 2012. Cela promet une chaude ambiance lors des réunions !

Esther Duflo a travaillé au sein du laboratoire JPal, de renommée mondiale, sur les évaluations d’impact et souhaiterait « lister et préciser quels sont les programmes qui marchent et ceux qui ne marchent pas ! » Or c’est là un autre défaut de l’aide américaine, bien souvent ce sont les compagnies qui évaluent elles-mêmes l’impact de leurs projets. Un peu comme si Mac Donald évaluait l’impact du Big Mac. Cela ne remet pas en cause la validité du travail scientifique d’évaluation et cette remarque est aussi valable pour les projets d’autres bailleurs. Cependant on pourrait permettre des évaluations croisées, où un bailleur A évaluerait l’impact d’un projet d’un bailleur B et vice et versa. On se trouve quelque part, bien que les enjeux paraissent moindres à prime abord, dans la situation similaire à celle où Monsanto finance des études sur les OGM.

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<<<<<<Manifestant devant la maison blanche, janvier 2013

Duflo propose de passer l’aide internationale au crible, programme par programme : « Je pense à l’ONU, à l’USAID[l’agence américaine pour le développement] ou à l’AFD [Agence française de développement]. »

OK, let’s go ! Qu’en est-il de l’Agence Française de Développement ? A qui rend –elle compte ?

Cette noté édifiante du sénat français rédigée par une commission parlementaire nous dit :

  • « L’Agence française de développement (AFD) constitue l’opérateur pivot de la coopération française 
  • Sa tutelle est assurée conjointement par le ministère chargé de l’économie, le ministère des affaires étrangères et européennes et le ministère de l’intérieur, chargé de l’immigration
  • Bien que l’AFD remplisse a priori les quatre critères d’un opérateur au sens de la LOLF, celle-ci n’est pas considérée comme un opérateur.
  • Mais ne pas considérer l’AFD comme un opérateur au sens de la LOLF pose un problème de transparence de son action, à laquelle ont été confrontés vos rapporteurs spéciaux dans l’exercice de leur mission d’examen et de contrôle du budget.

L’AFD n’a donc pas de comptes à rendre au parlement/sénat, même pas à des rapporteurs spéciaux du budget mais publie un rapport annuel d’activités qui contient en annexe une liste des financements par pays, assez peu lisible (Afrique Subsaharienne 39% des financements). L’équivalent du Basic Education Coalition est une plateforme d’ONG appelée Coordination Sud dont on entend peu parler, mais qui avait critiqué les montants de l’aide bilatérale octroyée au Cameroun (567 millions d’euros), notre Pakistan à nous. En termes d’initiatives multilatérales, la France a financé le Partenariat Mondial pour l’Education à hauteur de 15 millions $ de mais n’a pris aucun engagement d’augmenter l’aide bilatérale à l’éducation de base dans les pays à bas revenus. Les opérateurs français ne sont pas privilégiés comme contractants dans l’aide française et s’en sont plaints lors de la Journée de la Coopération en mai 2009.

Fort heureusement, le Gouvernement français réalise des Assises du développement et de la solidarité internationale du mois de novembre 2012 au mois de mars 2013, piloté par le Ministère des Affaires Etrangères. Il n’y a priori pas de représentants d’autres pays dans ces assises c’est bien dommage, l’AFD apparaît comme participant tout à la fin document. La réflexion sur les indicateurs de résultats est à peine entamée.  La stratégie sur l’éducation est présentée ici.

Que ce soit aux USA et en France, l’opacité règne sur le choix des pays devant bénéficier de l’aide bilatérale. Pas sûr que la majorité des citoyens américains soient favorables au financement du Pakistan et de l’Afghanistan, bastions du terrorisme. Pas sûr que l’opinion française soit favorable au financement du Cameroun dirigé par Paul Biya depuis 1982! Par contre, des différences de taille subsistent entre les types de personnes exerçant le pouvoir ou une forme d’influence aux USA et France, qui peuvent expliquer des variations dans les politiques mises en oeuvre et les velléités de changement.

Voici les membres du Comité Exécutif de l’AFD.

membres exécutif AFD

Aux USA, les représentants de l’USAID et des contractants sont plutôt des femmes, jeunes.

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Amber Gove parle au Congrès

 

Pierre Varly

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