Un blog sur l'éducation dans les pays du Sud – A blog on education in the developing countries

25 janvier 2016

Dossier sur les bibliothèques scolaires au Maroc

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Naji Boumzough et Pierre Varly

En octobre 2015, la société Varlyproject a remis à une école publique des environs de Rabat un ensemble de ressources pour la lecture (livres pour enfants), acquis en marge d’une précédente étude. Le directeur de l’école a en effet lancé un projet de bibliothèque scolaire. Nous avons donc étudié cette question sous différents angles et nous somme heureux de vous restituer les informations obtenues et quelques éléments de réflexion.

Etat des lieux au Maroc

Au Maroc peu de livres sont disponibles pour les élèves à la maison et dans les écoles publiques. Selon l’enquête PIRLS, 53% des enfants ont déclaré qu’ils n’ont aucun ou peu de livres à la maison et 24% ont une étagère de livres. 35% des écoles primaires publiques ne disposent pas de bibliothèque scolaire, tandis que 27% ont une petite bibliothèque (500 titres ou moins).

Personne ne connaît, aujourd’hui avec suffisamment de précision, l’état réel des bibliothèques scolaires dans le système éducatif marocain, ni son impact et le rôle qu’elles peuvent jouer dans l’amélioration de la qualité de l’éducation. Il n’y pas d’étude disponible en ligne sur cette question sur le site du MENFP.

Auparavant, les bibliothèques scolaires étaient gérées par le CNIPE (Centre National des Innovations Pédagogiques et de l’Expérimentation) et le sont maintenant par la Direction de la Vie scolaire, selon les textes. Dans les questionnaires statistiques, la rubrique Q03 (Espace d’accueil) renseigne sur l’existence et l’état des bibliothèques (en tant qu’infrastructure) mais les données ne sont pas publiées dans l’annuaire statistique du Ministère. Le questionnaire statistique ne renseigne pas sur la dotation en ouvrages, le personnel, l’utilisation par les élèves, superficie…

Au niveau ministériel, il n’y a pas un budget bien déterminé concernant l’approvisionnement des livres et matériels nécessaires pour les bibliothèques scolaires, surtout au niveau primaire.

La présidente du Réseau Pour la lecture au Maroc a d’ailleurs interpellé, le chef du gouvernement sur cette question à travers une pétition. « L’une des raisons de la crise de la lecture au Maroc est l’échec du système d’éducation et de formation à faire aimer le livre aux écoliers. La bibliothèque dans les écoles, espace dynamique dédié à la lecture, est négligée, voire fermée. », Rachida Roky.

En réalité, certaines écoles sont dotées en ouvrages grâce à des initiatives prises par des associations de parents d’élèves, les ONG actives dans le domaine de l’éducation ou des efforts personnels de certains enseignants.

Règlementation sur les bibliothèques

Ce tableau récapitule les notes ministérielles concernant la bibliothèque scolaire.

Tableau Notes

Source : Varlyproject

Projets récents

Le programme d’urgence a bien déterminé de nombreux projets qui visaient à l’amélioration de la qualité de l’éducation, tels que le projet E1P12 (‘Amélioration de la qualité de la vie scolaire, 3ème mesure), qui avait pour objectifs la réorganisation de la vie scolaire à travers des projets d’établissement.

La note ministérielle N° 156 du 17 /11/2011, sur la mise en œuvre opérationnelle rôles des bibliothèques scolaires a identifié quelques points:

  • Accorder une attention particulière aux bibliothèques scolaires en termes de réhabilitation et équipé avec des équipements et des moyens de travail et d’encadrement employés technologique moderne.
  • Veiller à leurs enrichissements par des manuels scolaires validés par le Ministère, et par les ouvrages pédagogiques correspondant aux principes et aux choix selon le contexte marocain,
  • Continuer à travailler sur le prêt tel que déterminé par la note N°26 (du 11/02/1992)

Orientations du Conseil Supérieur de l’Enseignement

La vision stratégique de la réforme 2015-2030 du CSEFRS (Conseil Supérieur de l’Education de la Formation et de la Recherche Scientifique) au Maroc, s’appuie sur trois importants fondements qui sont l’équité et garantir l’égalité des chances entre les élèves, garantir la qualité d’enseignement et intégration de l’apprenant dans le tissu économique et social.

Plusieurs mesures d’accompagnement sont prévues :

  • L’élargissement du réseau des bibliothèques et des centres de ressources au niveau local et régional et leur connexion aux établissements et centres d’éducation, de formation et d’information, ainsi que le renforcement des ressources humaines en cadres spécialisés dans la documentation et l’animation pédagogique et culturelle,
  • La réhabilitation des bibliothèques scolaires et des médiathèques en leur fournissant les ressources adaptées aux apprenants de différents âges et niveaux et aux différents acteurs,
  • la dotation des établissements en bibliothèques scolaires et en médiathèques, en équipements, matériels didactiques nécessaires pour encourager la lecture, l’expression et la créativité par l’écrit.

Normes internationales pour les bibliothèques scolaires

Afin de donner des éléments de comparaison, voici quelques normes internationales pour l’organisation et la gestion d’une bibliothèque scolaire.

Selon le manifeste UNESCO de la bibliothèque scolaire, il a été démontré que lorsque les bibliothécaires et les enseignants travaillent en collaboration, les élèves font des progrès en écriture et en lecture, savent mieux apprendre, et résoudre des problèmes et acquièrent une expérience des techniques de l’information et de la communication.

Le Personnel est chargé d’organiser et de gérer le travail de la bibliothèque scolaire, avec le soutien de collègues. Il travaille avec tous les membres de la communauté scolaire et en liaison avec la bibliothèque publique/municipale et d’autres bibliothèques scolaires.

Pour gérer efficacement la bibliothèque scolaire, il doit posséder impérativement des connaissances dans trois grands domaines: la gestion des ressources, la science de l’information et la bibliothéconomie, et la pédagogie. Il est important d’avoir un personnel bien formé et hautement motivé, avec un nombre suffisant de membres en rapport avec la taille de l’école et ses besoins spécifiques en matière de bibliothèque.

Les types du personnel sont:

  • Le bibliothécaire scolaire : C’est un bibliothécaire professionnel, titulaire d’un diplôme en bibliothéconomie-sciences de l’information et documentation.
  • L’assistant-bibliothécaire : Il doit avoir une formation élémentaire préalable en bibliothéconomie et il travaille sous la responsabilité du bibliothécaire et l’assiste dans ses fonctions.
  • Personnel secondaire : Qui devrait être en complément, tels que des enseignants (L’enseignant-bibliothécaire qui a, en outre, suivi une formation diplômante en bibliothéconomie et documentation ou sciences de l’information ou L’enseignant non bibliothécaire qui ne possède pas aucune compétence en bibliothéconomie), des techniciens, des parents et d’autres types de volontaires.

Compétences et tâches du personnel

Les qualifications fondamentales et les compétences requises pour le personnel de la bibliothèque scolaire peuvent être définies comme suit :

  • aptitude à communiquer de façon positive et avec ouverture d’esprit, avec des enfants et des adultes ;
  • aptitude à comprendre les besoins des utilisateurs ;
  • aptitude à collaborer avec des individus et des groupes dans et hors de la communauté scolaire ;
  • connaissance et compréhension de la diversité culturelle ;
  • connaissance de la méthodologie d’apprentissage et de la théorie d’enseignement ;
  • connaissance des techniques de l’information et de l’utilisation de l’information ;
  • connaissance du fonds documentaire de la bibliothèque et comment y accéder ;
  • connaissance de la littérature, des médias et de la culture pour la jeunesse ;
  • connaissance et compétence dans le domaine de la gestion et de la promotion ;
  • connaissance et compétence dans le domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC).

Les principales tâches que le personnel de la bibliothèque scolaire doivent exercer pour bien gérer son métier et qui dépondent à ses qualifications sont :

  • La gestion des ressources documentaires,
  • La gestion des documents administratifs,
  • Les tâches administratives,
  • L’animation, formation et services de consultation,
  • Les TIC et la gestion des connaissances
  • Gestion des connaissances.

Relation entre les personnels de l’école et la bibliothèque

La bibliothèque scolaire devrait couvrir un large éventail d’activités et devrait viser à jouer un rôle primordial dans l’accomplissement de la mission et des objectifs de l’école. Les programmes et les activités doivent ainsi être conçus dans une coopération étroite avec les partenaires suivants :

  • Directeur de l’école: devrait reconnaître l’importance des services effectifs d’une bibliothèque scolaire et encourager son utilisation dans le but de développer des projets pour l’école ;
  • Enseignants: devront sensibiliser les élèves d’aller à la bibliothèque, d’emprunter les livres et exploiter toutes les ressources pour améliorer leur compétences en lecture ;
  • Elèves: représentons le principal élément cible de la bibliothèque scolaire ;
  • Association des parents d’élèves: devront sensibiliser les parents d’encourager et de soutenir leur enfants pour la lecture en dehors de l’école ;
  • Autres personnels administratif: devront aider ce personnel de bien gérer la bibliothèque.

Locaux, équipements de la bibliothèque scolaire

Le grand rôle éducatif de la bibliothèque scolaire doit se refléter dans les installations, les meubles et les équipements. Il est très important d’avoir une sorte des critères qui permettent à la bibliothèque de réponde aux besoins de l’école le plus efficacement possible.

Image 1

Source : http://www.sabclp.ch/fr/nbs2014.htm

La conception de la bibliothèque scolaire joue un rôle central dans la manière dont la bibliothèque dessert l’école. L’aspect esthétique contribue au sentiment d’accueil aussi bien qu’au désir, pour la communauté scolaire. Une bibliothèque scolaire équipée de façon appropriée doit avoir les caractéristiques suivantes :

  • Privilégier les matériaux solides et durables, qui amortissent le bruit ;
  • Les passages entre les différents locaux sont accessibles aux handicapes ;
  • Aménagement de places de travail ou de lecture le long des fenêtres (niches) ;
  • Répartition des surfaces d’exposition dans toute la bibliothèque ;
  • La hauteur des rayons est adaptée a la taille moyenne des usagers ;
  • Utilisation de mobilier spécialement conçu pour les bibliothèques ;
  • Le mobilier est facilement adaptable en fonction des différents besoins d’une bibliothèque scolaire ;
  • Des gradins, des groupes de sièges et des places de travail aménageables permettent le travail par classe.
  • Sécurité et bonne éclairage.

Photo d’une bibliothèque scolaire modèle

Bibliothèque Modèle

Ouvrages/ressources de la bibliothèque scolaire

La bibliothèque scolaire doit offrir un accès à un large choix de ressources et documents qui satisfassent les besoins des utilisateurs (élèves, corps enseignants,…) par rapport à l’enseignement, l’information et le développement des compétences personnel. Il est impératif que les collections continuent à être développées et actualisées afin d’assurer aux utilisateurs un choix constant de nouveautés.

Les collections ou ressources doivent être constituées :

  • Ouvrages didactiques : ces livres contiennent en général des données factuelles sur un sujet
  • Ouvrages de fiction : cette collection rassemble des livres dont l’information est de type fictionnel, c’est-à-dire de l’information qui ressort de l’imaginaire. Il s’agit de romans, d’albums, de bandes dessinées, de livres de conte, de poésie, de prose, etc.
  • Ouvrages de référence : ces livres contiennent des informations importantes dont on a souvent besoin (dictionnaires, d’encyclopédies, d’annuaires, etc.).

Image 2

Source : http://www.sabclp.ch/fr/nbs2014.htm

Pour des raisons de formation, d’uniformité dans la gestion documentaire et de réseautage, il faut opter pour un système de classification unique. Il doit être simple, facile à comprendre et adapté aux différents niveaux. Il ne doit pas nécessiter beaucoup de dépenses dans l’application compte tenu des budgets limités des écoles. La classification décimale de Dewey (CDD) simplifiée est plus recommandée dans les bibliothèques scolaires.

Quelles sont les normes actuelles pour le Maroc?

La note ministérielle N°187 du 16/12/1992, sur les bibliothèques scolaires au collège et lycée, a défini les fonctions de l’inspecteur des bibliothèques scolaires et le personnel de la bibliothèque comme suit:

– L’inspecteur des bibliothèques scolaires:

  • Planification des bibliothèques scolaires ;
  • Formation des personnels des bibliothèques scolaires ;
  • Animation des bibliothèques scolaires ;
  • Contrôle des bibliothèques scolaires ;

– Le personnel de la bibliothèque scolaire:

  • Gestion et le prêt des ouvrages ;
  • Élaboration d’un guide pour le lecteur guide qui définit les services fournis par la bibliothèque et comment les utiliser ;
  • Émission des publications identifiant le contenu de la bibliothèque et ces activités ;
  • La publication d’une Bibliographie pour la bibliothèque ;
  • Organisation des salons du livre ;
  • Organisation de formations à l’intention des élèves sur l’utilisation de la bibliothèque ;
  • Organiser des concours littéraires et d’art.

Réflexions opérationnelles et propositions de normes détaillées pour le Maroc

Pour gérer une bibliothèque scolaire d’une manière opérationnelle selon le contexte marocain, Varlyproject propose des éléments sur les aspects suivants : profils de poste, comment recruter du personnel pour gérer les bibliothèques, comment permettre l’accès aux ouvrages pour les élèves, comment cibler les ouvrages selon le niveau des enfants et comment enregistrer les ouvrages et réaliser l’inventaire. On propose aussi un règlement intérieur pour gérer la bibliothèque scolaire (destinées aux élèves).

Profil de poste pour le/la gestionnaire de la bibliothèque:

Les qualités et compétences fondamentales requises du personnel de la bibliothèque scolaire sont :

  • Idéalement License en Lettres ou Sciences Sociales,
  • Minimum bac +2,
  • un très bon niveau en langue arabe ; et en français,
  • le goût de la lecture,
  • la capacité à communiquer positivement avec le staff administratif de l’école et les enseignants,
  • la capacité de travailler en équipe pour fournir un service efficace
  • la capacité à comprendre les besoins des élèves et d’avoir de l’amour et de la patience envers eux,
  • avoir des compétences de base en informatique et bureautique (Excel, Word),
  • la connaissance et la compréhension du programme scolaire,
  • la connaissance des documents qui forment le fonds de la bibliothèque et de la manière d’y avoir accès,
  • des compétences organisationnelles, avec la flexibilité requise pour identifier et mettre en œuvre les changements,
  • Avoir de l’imagination, de la vision et une ouverture aux nouvelles idées et pratiques,
  • la capacité à changer de méthodes de travail pour répondre à des situations nouvelles,
  • la capacité de réaliser des animations autour du livre et de la culture,
  • la volonté de travailler bénévolement ou avec des indemnités modestes.

Comment recruter ?

Il n’y a pas de filière de formation pour ce type de profil de poste intermédiaire. Mais le Ministère tutelle peut orienter les directeurs des écoles à recruter des personnels, tels que, enseignant supplémentaire, enseignant à la retraite, parent d’élèves, membre d’une association, jeune qualifié(e) au chômage.

Comment permettre l’accès aux ouvrages pour les élèves?

On détermine plusieurs méthodes d’accès à la lecture qui sont :

  • Lecture sur place (sans animation) : les élèves lisent sur place mais la lecture n’est pas encadrée, animée.
  • Lecture sur place (avec des animations ponctuelles) : les élèves lisent sur place, il y a parfois des animations, lecture de contes/histoires, jeux autour de la lecture (questions). Certaines associations peuvent appuyer comme le Réseau de la lecture au Maroc.
  • Emprunt : les élèves peuvent emprunter les livres et les lire à la maison
  • Utilisation en classe : les enseignants peuvent animer des séances de lecture dans leurs classes (coin lecture).

Comment cibler les ouvrages selon le niveau des enfants ?

La plupart des ouvrages disponibles au Maroc n’indiquent pas l’âge (sauf préscolaire) ou le niveau solaire de l’ouvrage. Pour faire en sorte que les élèves lisent des ouvrages adaptés à leur niveau, il faut au préalable classer tous les ouvrages par niveau, avec l’aide des enseignants. Ensuite, les livres peuvent avoir des codes comme des pastilles en couleur.

Exemple de classification par niveau (on peut regrouper les pastilles pour deux niveaux (exemple 1ère et 2ème année).Comment enregistrer les ouvrages et réaliser l’inventaire? Pastilles

Source : Varlyproject

L’enregistrement des documents est la première opération à effectuer dès qu’un document franchit la porte de la bibliothèque et quelle que soit sa provenance (don, échange, achat). C’est à ce moment que son appartenance à la bibliothèque devient effective. Cette opération est réalisée en plusieurs étapes :

  • Chaque ouvrage reçu est cacheté avec le cachet de l’école, en haut de la page du titre, et aussi, sur la basse note de n’importe qu’elle autre page.
  • Ensuite, le document est enregistré dans le registre d’inventaire et doté d’un numéro séquentiel qui sera le numéro d’inventaire.
  • Le numéro d’inventaire est ensuite noté à l’intérieur de l’ouvrage, sur la page de titre comme indiqué dans la forme suivante : Les ouvrages sont ainsi enregistrés successivement, quel que soit leurs sujets ou leurs langues.

Chaque ouvrage, chaque exemplaire et chaque volume à un numéro d’inventaire unique. De ce fait, le registre d’inventaire nous informe sur le nombre d’ouvrage de la bibliothèque.

Au moins une fois par an, il faut faire un inventaire, autrement dit vérifier, qu’aucune des publications figurant dans le registre d’inventaire n’est absente de la bibliothèque. Le plus simple est de travailler à deux : une personne lisant les titres du registre et l’autre vérifiant les livres sur les rayons.

Proposition de règlement intérieur pour gérer la bibliothèque scolaire (destinées aux élèves)

  • Etant inscrit à l’école, tu as accès à la bibliothèque scolaire,
  • N’oublie pas que votre bibliothèque est un lieu de calme. Il y sera plus agréable de lire, découvrir, d’effectuer des recherches,…
  • Tu peux emprunter des livres sous la permission du personnel de la bibliothèque,
  • Les livres en général devront être consultés et rester dans la bibliothèque, mais tu pourras ainsi les consulter en classe sous l’autorisation de ton enseignant,
  • Tu empruntes à condition d’avoir ramené ton livre précédent,
  • Une fois par semaine, tu peux emprunter gratuitement un livre, pour une durée de 2 semaines maximum. Si ce livre revient en retard, tu seras sanctionné,
  • En cas de perte ou de détérioration, les frais seront à ta charge. N’oublie pas que le livre est ton ami, prends-en bien soin,
  • Horaire : à déterminer avec le directeur de l’école, personnel de la bibliothèque et les enseignants,
  • Laisse ton manteau, ton cartable, tes boissons et friandises dans sa place réservé dans la bibliothèque,
  • Après ton passage à la bibliothèque, tu veilleras à remettre en place les objets que tu auras utilisés (matériel, chaises, tabourets, tables, …), et à ranger les livres à leur place, dans leur catégorie, droit et l’étiquette vers le bas. Si tu ne sais plus où ranger le livre, tu peux le déposer dans le bac de retour.

Carte mentale sur la bibliothèque scolaire au Maroc

Pour finir, nous résumons notre réflexion sur les bibliothèques scolaires au Maroc à travers une carte mentale.

Bibliothèques scolaires_Carte mentale

Nous espérons que vous trouverez ces informations utiles.

Références :

Samira Yamani & Mohammed Idsalah (2003), « Les Bibliothèques publiques au Maroc : hier et aujourd’hui, » Revue de l’Ecole des Sciences de l’Information, n°13, juillet 2003, pp.62-63

http://www.esi.ac.ma/Dossiers/20120131090137.pdf

Pr Abdesselam El Ouazzani, Pour une approche systémique de la lecture

14 octobre 2015

Les ressources pour la lecture en arabe au Maroc

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Par Naji Boumzough & Pierre Varly

Introduction

En 2014 et 2015, l’USAID/Maroc a financé cinq études sur la lecture afin d’appuyer le MENFP (Ministère de l’Education et de la Formation Professionnelle) pour l’élaboration de sa stratégie de réforme de la lecture en arabe dans les trois premières années du primaire. Ces études ont été réalisées par RTI International, Varlyproject et l’Université Al Akhawayn. Les études ont traité des thèmes suivants : curriculum et des manuels scolaires, la formation initiale des enseignants, perceptions et pratiques des enseignants, manuels scolaires de l’éducation non formelle. La dernière étude (à partir de p.56) a analysé la chaîne d’approvisionnement des manuels scolaire et le marché du matériel supplémentaire en lecture en langue arabe. Un matériel est dit supplémentaire lorsqu’il ne s’agit pas d’un manuel scolaire ou d’un cahier d’exercice au programme officiel (par exemple, livres, cahiers d’exercices, abécédaires, posters et autres supports). Le précédent article du blog donne des éléments sur la lecture en arabe au Maroc.

Effet des matériels de lecture sur les acquisitions scolaires

La possession des livres à domicile pour les élèves des premières années est systématiquement corrélée avec leurs résultats en lecture. À partir d’un échantillon d’études qui a été réalisé par RTI dans plusieurs pays, on conclut que les enfants qui ont des livres dans leurs maisons ont pu lire correctement entre 6 à 8 mots par minute de plus que leurs pairs qui n’en ont pas. Cela équivaut à environ six mois d’instruction dans ces mêmes pays. L’USAID a donc commandé une étude sur le marché des matériels de lecture au Maroc afin d’identifier les ressources disponibles et les voies et moyens d’en doter toujours plus les enfants et les écoles.

L’étude avait pour but d’analyser le marché pour les matériels supplémentaires (offre et demande), de décrire les mécanismes de soutien de ce secteur par les pouvoirs publics et d’identifier les caractéristiques de ces matériels (contenu).

Méthode

Varlyproject a donc collecté et analysé des ressources supplémentaires sur la lecture en arabe et a réalisé des entretiens avec tous les intervenants de la chaîne de production et conception du matériel supplémentaire. A savoir : les responsables au sein du MENFP et MOC (Ministère de la culture), auteurs, directeurs des maisons d’édition, distributeurs, imprimeurs, libraires et vendeurs au détail et les associations qui sont actives dans ce domaine. Varlyproject a aussi réalisé une brève enquête auprès des visiteurs du salon international du Livre à Casablanca, qui s’est tenu du 12 au 22 février 2015.

Un large échantillon de matériels supplémentaires de lecture en arabe pour les enfants disponibles sur le marché marocain a été catalogué pour cette étude (188 supports). Ces matériels ont été obtenus dans divers points de vente (librairies, supermarchés) et principalement au Salon du Livre.

Un échantillon de ressources pour la lecture en arabe

Matériels

Source : ©Varlyproject

Quelques ressources numériques ont également été collectées et les rares applications dédiées à l’apprentissage de la lecture sur l’Apple store recensées. Une partie de cet échantillon a été analysé plus en détail (71 supports) comme suit :

  1. La date et le lieu de la collecte / achat
  2. L’éditeur (y compris le pays d’origine, site web, et si un catalogue est disponible)
  3. Le prix du livre
  4. Le type et la taille du livre
  5. Le contenu pédagogique des livres
  6. Des indications sur l’âge/le niveau scolaire visé

Les catalogues des éditeurs ont été téléchargés à partir de leur site Web ou obtenus à la 21ème édition du Salon International de l’Edition et du Livre à Casablanca. Les supports choisis pour l’analyse sont variés en termes de lieu d’achat, d’éditeur, de pays d’origine, de type, de prix et qualité. L’échantillon n’est pas représentatif mais fournit une description de ce qui est disponible sur le marché. Avant de rentrer dans le détail de ces matériels, tâchons de comprendre quelle est la problématique de la lecture au Maroc.

Culture de la lecture

Selon M. Abdesselam El Ouazzani, le problème réside dans les foyers, car les jeunes ont peu de chance de voir leurs parents en situation de lecture. La règle étant qu’on ne lit pas dans la maison, la probabilité d’acquérir l’habitus de la lecture au bas âge devient presque nulle. La lecture ne fait pas partie de la tradition culturelle du foyer familial. D’après une étude réalisée par le MOC en 2001, 50% des Marocains lisent entre 2 et 5 livres par an et 1 Marocain sur 10 ne lit aucun livre.

Plus récemment, selon l’étude menée par le Centre des Etudes Sociales, Economiques et Managériales, chaque Marocain(e) dépenserait en moyenne 1 dirham par an dans l’achat de livres (dépenses privées), alors que la moyenne mondiale est d’environ 25 DH. La dépense publique dans ce domaine est également relativement faible, comme nous allons le voir.

Disponibilité des matériels de lecture au Maroc

En conséquence, au Maroc, peu de livres sont disponibles pour les élèves à la maison et dans les écoles publiques. Selon les résultats de l’étude PIRLS, 53% des enfants ont déclaré qu’ils n’ont aucun ou peu de livres à la maison et 24% ont une étagère de livres. 65% des écoles ne disposent pas de bibliothèque scolaire, tandis que 27% ont une petite bibliothèque (500 titres ou moins).

Acteurs publics en charge de la gestion des matériels de lecture

Actuellement, le soutien pour les matériels supplémentaires est concentré au Ministère de la Culture qui dispose d’une dotation budgétaire relativement modique. Le budget de soutien à l’édition et au livre a été fixé à 10 Millions de dirhams au titre de la deuxième session de l’année 2015. Le budget pour l’achat de livres pour les bibliothèques publiques est du même ordre de grandeur.

Budget du soutien à l’édition et au livre (Ministère de la Culture)

DOMAINES CIBLES Montant de la subvention en % Montant de la subvention en MAD
Création et modernisation de revues culturelles électroniques 30% 3 000 000
Participation des auteurs marocains aux résidences d’auteurs 25% 2 500 000
Edition réservée aux personnes à besoins spécifiques (Les déficients visuels) 10% 1 000 000
Création, modernisation et animation des librairies 10% 1 000 000
Edition de revues culturelles 10% 1 000 000
Sensibilisation à la lecture 5% 500 000
Edition du livre 5% 500 000
Participation aux salons du livre nationaux et internationaux 5% 500 000
Total 100% 10 000 000

Source : Ministère de la Culture

En ce qui concerne les bibliothèques scolaires, les délégations en charges de l’éducation se retrouvent avec la responsabilité de déterminer le budget à allouer à l’achat de livres. La Direction de l’évaluation, de l’organisation de la vie scolaire et des formations communes entre les académies a la responsabilité du contrôle des bibliothèques scolaires et la suggestion des mesures pour améliorer leur efficience, selon les textes.

Les élèves, les associations de parents et les organisations non gouvernementales locales peuvent acheter des livres et les fournir aux bibliothèques scolaires. Il y a plusieurs manières de gérer les livres dans une école, à travers des coins lecture dans les classes et sous la supervision de l’enseignant ou des bibliothèques scolaires qui selon leur taille nécessitent des personnels pour la gestion et l’animation. Les enfants peuvent lire les ouvrages sur place ou participer à des animations lectures (ce qui suppose des ressources humaines qualifiées) ou peuvent les emprunter (ce qui nécessite un système de suivi). Il est également possible de donner et non prêter les livres aux enfants. Chaque stratégie a ses avantages et inconvénients et doit être adaptée au contexte local.

A l’heure actuelle, il n’y a pas une mode de gestion qui soit systématisé pour les ressources complémentaires et c’est au niveau local que les initiatives sont prises.

Offre de matériels

L’offre est-elle suffisamment variée en termes de qualité des produits et prix ? Est-ce que les produits permettent de viser toutes les classes d’âge ? Est-ce que le produit mentionne l’âge ou le niveau scolaire ou le niveau de lecture ?

Certains éditeurs vendent des cahiers d’exercices associés ou non aux manuels officiels, même si ceux-ci ne sont pas utilisés dans les salles de classe (non achetés par le Ministère de l’Education Nationale). Ces matériels sont utilisés principalement dans les écoles privées. Il y a peu d’offre sur le marché pour les matériels qui soutiennent le développement de la lecture chez les enfants. Il y a soit des ressources visant les jeunes enfants (âge du préscolaire) sous la forme d’abécédaire par exemple, soit des livres ce qui suppose que l’enfant sache déjà lire. Les ressources visent à consolider la pratique de la lecture principalement mais n’appuient pas l’apprentissage de la lecture.

Parmi les 71 ressources analysées plus en détail, 42 proviennent du Maroc, six sont en deux langues et 20% sont des traductions.Les ressources portent peu sur la grammaire et le vocabulaire. Ces proportions se retrouvent dans l’ensemble documents collectés (188).

Contenu

Source : RTI International et Varlyproject

Le marché du lecteur débutant reste quelque peu limité en termes de types et de niveau de difficulté des livres. Bien qu’il existe des ouvrages généraux de lecture (les dictionnaires, les encyclopédies pour enfants), il n’y a pas une abondance de choix des ouvrages généraux pour les lecteurs débutants. Les productions littéraires pour la lecture précoce sont souvent des légendes importées et traduites en arabe plutôt qu’écrites pour le public local.

Quelques photos de ressources supplémentaires

ressource1 ressource2Ressource3

Le prix est-elle un frein à la massification des ressources sur la lecture ?

En moyenne dans les ressources analysées, le prix d’une production marocaine était de 19 Dirhams mais de 12 dirhams en dehors du Maroc, notamment en Egypte vu la taille du marché et l’historique de l’édition dans ce pays, qui a commencé en 1798. Ces coûts élevés sont en partie tributaires de l’historique du développement des capacités marocaines d’édition et d’impression avec une forte présence, encore de nos jours, des éditeurs internationaux sous la forme de filiales locales.

Il y a beaucoup de facteurs qui ont un impact sur le prix d’un livre, par exemple la taille et le type tu papier. Cependant, le facteur le plus important est la quantité de production ; plus on imprime, moins cher sera le prix. Le point essentiel pour obtenir un bon prix est de produire environ 3000 livres, d’après les éditeurs. Par conséquent, les éditeurs doivent également élargir leur capacité à stocker et à distribuer les livres et pouvoir réaliser les investissements nécessaires (machines d’impression) dans un contexte de faible commande publique.

La part du chiffre d’affaire du secteur de l’édition et de l’imprimerie au Maroc est environ 2% du chiffre d’affaires de l’ensemble du secteur industriel, selon les dernières statistiques du ministère de l’Industrie du Commerce et des Nouvelles technologies, il s’élevait à 3,52 milliards de DH en 2011. En plus, d’après le Ministère de la Culture, le chiffre d’affaires du secteur de l’édition et de l’imprimerie a connu, entre 2003 et 2011, une évolution d’à peine 0,2%, bien que les investissements aient quasiment quadruplé passant de 33 à 122 millions de DH.

Comme le relève l’étude sur les manuels, le Maroc a pu se doter ces 30 dernières années d’un système efficace de distribution des manuels scolaires à travers une collaboration des acteurs privés et saura certainement parvenir à renforcer son secteur de l’édition/impression scolaire, avec un léger coup de pouce des pouvoirs publics.

Demande pour les ressources en arabe

Un secteur du livre plus rentable exige une demande très forte de la part des acheteurs des livres. La plupart des éditeurs hésitent à imprimer en arabe, en particulier les livres pour enfants, parce que la demande est faible. Les particuliers qui achètent des livres pour la maison sont ceux qui envoient leurs enfants dans des écoles privées, mais leurs achats sont concentrés sur des livres en français. En outre, les livres en général sont considérés comme un marché pour les adultes. Ces informations obtenues auprès des éditeurs sont corroborées par une brève enquête auprès des consommateurs interrogés au Salon du livre.

Parmi les 79 personnes interrogées, 92% avaient acheté des livres pour enfants. 86% des acheteurs étaient essentiellement des parents d’élèves dans des écoles privées (y compris écoles internationales). Les libraires ont également mentionné que les parents se soucient généralement peu du contenu ou la qualité de l’ouvrage, car leur sélection est basée sur le prix et la taille de la publication (nombre de pages).

Perspectives et scénarios

Notre étude suggère plusieurs scénarios pour encourager à améliorer le niveau de lecture chez les enfants. L’objectif du scénario principal est d’offrir davantage de possibilités pour les enfants de lire au sein et en dehors de l’école ainsi qu’un large éventail de livres en termes de difficulté et de contenu (objet, fiction / non-fiction, etc.). Comme dit précédemment, on trouve soit des ressources « trop simples » visant le pré scolaire et qui portent sur l’apprentissage des lettres, soit des livres qui se focalisent sur le contenu des histoires (contes) mais pas sur la lisibilité des textes. Ces ouvrages visent les lecteurs sachant déjà lire avec facilité et ayant un minimum de vocabulaire.

Pour la réalisation de ce scénario le Ministère de la Culture et le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle pourraient travailler ensemble pour accroître l’offre de matériels supplémentaires de la lecture. Cela pourrait prendre la forme d’ateliers d’écriture pour apprendre aux auteurs et éditeurs à écrire des livres plus adaptés au niveau des lecteurs débutants.

Ensuite, on peut envisager plus de coins lecture en classe ou dans les bibliothèques des écoles avec une liberté pour les enfants de choisir des livres qui les intéressent et la possibilité de les emprunter à la maison. Avec 17 millions de Dirhams par an et avec un prix unitaire de 10 dirhams par livre, il serait possible de doter chaque enfant de la 1ère à la 3ème année du primaire public d’un livre en arabe, en plus des manuels officiels. L’idée est d’introduire une rotation dans l’utilisation des ouvrages.

Cela pourrait générer des gains substantiels en termes de compétences de lecture et encourager la culture de la lecture mais poserait inévitablement des défis en termes de gestion de la commande publique et de gestion des ressources dans les écoles. Il resterait aussi à formaliser le processus de sélection/vérification des ressources en lecture destinées aux écoles, afin de s’assurer de leur qualité et pertinence au regard des orientations pédagogiques données.

Mesures prévues par le Conseil Supérieur de l’Enseignement

La vision stratégique de la réforme 2015-2030 du CSEFRS (Conseil Supérieur de l’Education de la Formation et de la Recherche Scientifique) au Maroc, s’appuie sur trois importants fondements qui sont l’équité et garantir l’égalité des chances entre les élèves, garantir la qualité d’enseignement et intégration de l’apprenant dans le tissu économique et social. Ces trois fondements passent par l’activation de 23 leviers clairement identifiés et détaillés dans son rapport.

Conscient du fait que le principal dysfonctionnement de l’école réside au niveau de la qualité de ses prestations et de son rendement, le CSEFRS accorde une place de choix à la maîtrise des langues. Le Conseil recommande une nouvelle architecture linguistique fondée sur le plurilinguisme et l’alternance des langues. Plusieurs mesures d’accompagnement sont requises pour mettre en œuvre cette architecture :

  • L’élargissement du réseau des bibliothèques et des centres de ressources au niveau local et régional et leur connexion aux établissements et centres d’éducation, de formation et d’information, ainsi que le renforcement des ressources humaines en cadres spécialisés dans la documentation et l’animation pédagogique et culturelle,
  • La réhabilitation des bibliothèques scolaires et des médiathèques en leur fournissant les ressources adaptées aux apprenants de différents âges et niveaux et aux différents acteurs,
  • la dotation des établissements en bibliothèques scolaires et en médiathèques, en équipements, matériels didactiques nécessaires pour encourager la lecture, l’expression et la créativité par l’écrit.

Défis à relever

D’après les informations disponibles, dans de nombreuses écoles primaires publiques qui disposent de bibliothèques scolaires, celles-ci sont non fonctionnelles ou fermées, ou il y a peu des livres en termes de quantité et de qualité. Cela est dû à l’absence de personnes spécialisées capable de gérer efficacement ces bibliothèques, à la transformation des bibliothèques scolaires en classes de cours à cause du surpeuplement excessif et la non-attribution au niveau des délégations d’un budget bien déterminé annuellement pour cet aspect.

L’approvisionnement de ces bibliothèques et coins de lecture se base encore sur l’initiative des associations de parents d’élèves, élèves et enseignants, ce qui est susceptible de creuser encore plus les inégalités. Les enseignants se plaignent de l’absence de séances réservées à la lecture libre dans le programme officie, malgré les efforts et les initiatives individuelles de certains enseignants qui utilisent les coins de lecture pour encourager et améliorer la lecture chez leurs élèves. L’absence des filières spécialisées au sein des institutions universitaires dans le domaine de la science des bibliothèques et des informations constitue également un frein, malgré l’existence de l’ESI (Ecole des Sciences de l’Information) spécialisée dans ce domaine à Rabat.

L’ESI est un établissement d’enseignement supérieur public ne relevant pas des universités. C’est l’unique établissement de formation et de recherche dans les domaines de la gestion de l’information, de la connaissance et du contenu au Maroc. Depuis sa création décembre 1975, l’ESI a délivré 2600 diplômes d’Informatiste (Bac+4) et 300 diplômes d’Informatiste Spécialisé (2 ans de formation ouverte aux licenciés ou équivalent ayant au moins 3 ans d’expérience). Il existe une filière Bibliothéconomie et Documentation mais la plupart des diplômés semblent s’orienter vers d’autres métiers que bibliothécaires, notamment dans le conseil et la gestion de données. L’ESI a réalisé pour le Ministère de la Culture un guide pour la gestion des bibliothèques publiques.

En attendant que les orientations prises par le CSE se transforment en actions concrètes, ce qui suppose les structures et budgets adéquats, il est également possible à chacun d’agir. On notera d’ailleurs que plusieurs institutions parapubliques et privées contribuent à l’achat des manuels scolaires officiels à travers l’Opération Un Million de cartables.

L’apport de la société civile

Pour les matériels supplémentaires la société civile a pris un certain nombre d’initiatives que nous présentons ici (sans être exhaustif bien sûr) :

La Fondation Banque Populaire est née en 1984. Une demande de citoyens se retrouve d’ailleurs à l’origine de sa création, celle d’un groupe de MRE aspirant à faire étudier leurs enfants au Maroc dans une école conçue spécialement pour eux. Le Groupe Banque Populaire institua la Fondation Banque Populaire (FBP) avec pour mission d’œuvrer, à Agadir et Tanger. Elle dispose de 7 camions qui sillonnent le Maroc pour servir de bibliothèques locales et distribuer des livres pour enfants.

– Le RLM (Réseau de la lecture au Maroc), une ONG récemment créée, est un collectif d’associations qui milite pour enraciner et promouvoir le livre et la lecture dans la vie courante des Marocains. Pour sa présidente du RLM, Rachida Roky, enseignante à la Faculté des Sciences Université Hassan II Casablanca, la question primordiale se trouverait plutôt dans l’animation permanente autour du livre et de la lecture pour inciter les jeunes à lire.

Photo d’une séance de lecture des enfants dans un jardin public :

Séance lecture

A travers de nombreuses initiatives, le RLM s’est fait connaître par des manifestations spectaculaires avec organisation de séances de lecture dans des espaces publiques, jardins, campus universitaire, les camps d’été, par des activités régulières de rencontres avec des auteurs, par l’organisation des caravanes pour la lecture, ainsi que par l’organisation des colloques nationaux et d’ateliers sur la lecture et le livre.

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