Un blog sur l'éducation dans les pays du Sud – A blog on education in the developing countries

3 novembre 2011

Consultez le bilan 2011 de l’association OLPC France


L’Assemblée générale de l’association, tenue le 15 octobre 2011, a permis de faire le bilan des actions menées. Voir la présentation détaillée. En un an et pour la modique somme de 8182 euros, l’association OLPC France, qui compte 36 adhérents, a pu mener divers actions s’articulant autour de quatre axes.

En bref pour 2011: de nouveaux membres actifs, plus de projets que jamais, un réel focus sur les contenus et une vraie reconnaissance de la fondation et des communautés.

Pour 2012, l’association souhaite : accueillir toujours plus de volontaires, identifier de nouveaux partenaires, accompagner les idées de projet, pérenniser les contenus, accompagner la montée en puissance de Nosy Komba, étudier les possibilités d’un nouveau pilote, réaliser un vrai site web et poursuivre l’investissement sur les réseaux sociaux.

Retrouvez l’article complet sur le blog OLPC France.

Pour soutenir les projets de l’association OLPC France, faites un don en ligne cliquez ici.

5 février 2010

Compte rendu de l’atelier BNP Paribas sur One Laptop per Child

Filed under: One Laptop Per Child — Étiquettes : , , , , , — education_south @ 17 h 42 min

Le mercredi 3 février s’est tenu à Paris un atelier sur le projet OLPC organisé par l’atelier, filiale de BNP Paribas. Cet établissement financier a investi le champ de la réflexion sur l’utilisation des TIC dans l’éducation et contribue financièrement au projet OLPC. BNP Paribas publie également un recueil d’expériences sur les TIC en éducation, voir ici.

Les présentations et le compte rendu des organisateurs seront mis en ligne prochainement.

L’atelier rassemblait des hommes politiques, des chercheurs de haut niveaux, des représentants du Ministère de l’Education nationale, des enseignants et praticiens de l’éducation, éditeurs de contenus numériques ainsi que des représentants de la société civile et des consultants. La preuve en sorte que OLPC n’est pas qu’un projet de geeks ou de gentils idéalistes numériques ! Quelques  journalistes étaient présents, voir ici le post du Figaro.

La matinée a permis de réaliser un tour d’horizon du projet et du contexte des évolutions des systèmes éducatifs dans le monde. L’introduction a permis de prendre connaissance des initiatives prises pour équiper les écoles d’ordinateurs en France et de résumer l’historique du projet « Informatique pour Tous ». Jean-Michel Fourgous, député et maire et auteur du rapport sur la promotion des technologies de l’information et la communication dans l’enseignement scolaire nous a ainsi fait part de son expérience et a soulevé  les problèmes de réticences des enseignants. Plus d’informations sur la mission Fourgous de promotion des TICE, voir ici.

Les résultats d’un sondage IFOP sur les nouvelles technologies dans l’éducation ont été également présentés, voir ici.

La table ronde a réuni Pierre Léna, astrophysicien et co-créateur de la Main à la Pâte visant l’enseignement des sciences, François  Taddei, biologiste qui vient de réaliser un rapport prospectif sur l’éducation pour l’OCDE et Daniel Andler, professeur à l’université de Paris-Sorbonne, philosophe des sciences et de la théorie de la connaissance. Cette séance était un véritable foisonnement d’idées qui feront l’objet d’un prochain post. Le potentiel des nouvelles technologies en lien avec le développement des sciences cognitives a été clairement exposé et débattu. On retiendra la célèbre histoire d’enfants indiens s’étant organisés en communauté d’apprentissage autour d’un ordinateur, sans encadrement préalable, voir l’expérience Hole in the Wall du Prof. Sugata Mitra

OLPC France et Sugar Labs ont présenté les développements techniques d’OLPC et des interfaces Sugar mais surtout les expériences de déploiement du projet en Haïti et à Madagascar. Rappelons que ces gens travaillent sur une base bénévole.

Plusieurs commentaires de l’assistance rejoignent le message principal du post précédent, à savoir le problème de l’utilité marginale du produit, de l’évaluation d’impact et de la stratégie de communication, notamment vis-à-vis des institutions. On regrettera d’ailleurs l’absence de partenaires bi ou multilatéraux de l’éducation (tels que l’AFD ou l’UNESCO) à cette réunion.

Un des ateliers de l’après midi a donc été consacré spécifiquement à ces questions, tandis que les autres sessions se sont focalisées sur les contenus des activités pédagogiques à travers trois thèmes : Nutrition, Microfinance et Ebooks.

Les débats lors de cette session ont été intenses. Il a été au départ difficile de s’écarter des considérations techniques propres au Laptop (interopérabilité des systèmes, possibilités de mise à jour des contenus, format des contenus, etc..). On notera la référence récurrente à l’initiative Aprelia de mise en ligne de supports numériques éducatifs. Des solutions techniques alliant Laptop et tableau blanc interactif pourraient être également envisagées. Une fois ce tour d’horizon des possibilités et limites techniques du XO et de l’interface Sugar, les arguments en faveur d’une réflexion plus avancée sur les questions économiques, politiques et sur la communication ont porté leurs fruits et ont permis d’élargir le champ des discussions.

On retiendra le compte rendu d’expérience du déploiement des Laptop au Cameroun, qui s’est assis sur une véritable stratégie de livraison d’un paquet éducatif associant formation et sensibilisation des enseignants, suivi évaluation du projet etc… Cette Succes Story pourrait être un des éléments clés d’une stratégie plus globale de communication du projet à destination des décideurs politiques des pays du Sud et des bailleurs de fond. La mise en place d’un réseau d’ambassadeurs de bonne volonté, munis de Laptop, pourrait également être une piste. Jessica Coper a été désignée volontaire pour s’occuper des aspects com.

OLPC France a entamé une réflexion sur l’état des lieux de l’évaluation du projet à laquelle j’ai été associé. Une concept note d’une dizaine de pages devra être produite d’ici trois mois, selon l’annonce faite en plénière par OLPC. Les contributions à la réflexion sur les aspects d’évaluation et de communication du projet via ce blog sont donc les bienvenues. A vos commentaires !

A l’instar du développement logiciel et matériel, le mode du Wiki pourrait être utilisé pour construire avec OLPC France une meilleure stratégie marketing, facteur essentiel du succès de ce projet. En effet, l’atelier nous a permis de constater de visu l’existence de Netbooks d’Intel et d’Asus, de conception très proche de celle du XO… Les multinationales ont crée des sortes de termitières ayant de multiples points d’entrée dans les systèmes éducatifs. Fourmis wiki, à vos claviers !

Pour soutenir OLPC, cliquer sur la bannière à droite.

21 janvier 2010

One Laptop Per Child – Le petit bidule vert

Filed under: One Laptop Per Child — Étiquettes : , , , , — education_south @ 22 h 27 min

Le projet One Laptop Per Child (Un portable par enfant) est né en 2005 d’après une idée de Nicholas Negroponte, appuyé par une équipe du MIT, et financé au départ par des entreprises privées. Le but du projet, non lucratif, est de fournir à chaque enfant un ordinateur portable à moins de 100 $ qu’il puisse utiliser à l’école pour apprendre. Si le concept est simple, son application sur le terrain l’est moins.

L’ordinateur en question (XO) est spécialement conçu pour les enfants des pays en développement. Il est petit, vert, solide, résiste à l’eau et à la poussière, peut se recharger à l’énergie solaire et dispose d’une batterie longue autonomie. Les applications sont développées sur Linux avec une interface ludique à base d’icônes(Sugar), la connexion Internet est possible et l’objet possède à peu près tous les attributs d’un ordinateur portable (port USB, Web Cam…).

Néanmoins ses performances sont assez faibles par rapport aux ordinateurs du « marché » », ce qui lui a valu certaines critiques, et en rend difficile l’usage par un adulte. C’est sans doute voulu, bas les pattes ! Le développement du produit est assuré par une communauté d’informaticiens et de professionnels sur le mode du Wiki. Ce n’est pas un projet informatique, ni industriel, mais éducatif qui vise à ouvrir des « possibilités d’apprentissage » aux enfants. Les enseignants ne semblent pas véritablement impliqués dans la conception du produit et ne sont pas les leaders du projet.

Ainsi, une première remarque s’impose, on ne nous dit pas si l’ordinateur doit venir en compléments de la pédagogie et des supports classiques (manuels, tableau, craie, etc..) ou si il entend s’y substituer. Cela fait dire au Ministre nigérian de l’Education, d’après le site IRIN News :

« A quoi cela sert de lancer le projet Un ordinateur portable par enfant si les enfants n’ont pas de bancs pour s’asseoir et travailler, s’ils n’ont pas d’uniformes pour aller à l’école et s’il n’y a pas d’infrastructures scolaires adéquates. »

Le déploiement du projet dépend de la volonté des autorités gouvernementales qui doivent sans cesse arbitrer entre différents choix d’investissement. Dans le cas du Nigéria, les agissements de certaines sociétés informatiques, qui ont au point des ordis concurrents, ont également été pointés du doigt. La commande a été annulée au Nigeria et l’affaire a été aussi portée devant les tribunaux pour des problèmes de clavier. En réalité, le coût d’achat est proche de 200 $, ce qui est élevé en comparaison avec le coût de scolarisation d’un élève dans un pays du Sud, et relativement proche des objets du commerce, en particuliers les Netbook. Ce coût doit être ramené à 75 $ avec la version XO.3 du produit, prévue en 2012.

Selon les chiffres des Nations Unis, le nombre d’enfants de 5 à 14 ans est de 214 millions en 2010, puis atteindra 267 millions en 2025. A 100 dollars l’ordi, cela nous donne un marché potentiel de plus de 20 milliards de dollars, sans compter les frais de maintenance et de formation des enseignants…

L’Uruguay est à ce jour le seul pays ayant équipé tous les élèves du « petit bidule vert ». Le déploiement actuel n’est pas optimum  et les pays africains francophones en particulier ne semblent pas intéressés pour le moment, en dehors du Rwanda et du Sénégal (comme toujours dans le coup des innovations et projets pilote). La mise en place du projet se heurte également à des considérations pratiques tels que l’absence d’électricité, la distance école-domicile (et oui il faut porter l’objet), qui sont bien résumées par le Ministre du Pérou. De plus, la stratégie de communication ne semble pas être très efficace comme en témoigne les powerpoint présentés aux pays lors d’un atelier. Certains pays semblent tout de même en tirer des bénéfices, comme le  Rwanda, ce qui est relayé par la presse.

Le projet revêt aussi une dimension inquiétante:  imaginons que tous enfants d’un pays soient équipes et connectés à Internet. Qu’adviendrait-il si un despote mettait la main sur les contenus pédagogiques, incitant à la haine, au génocide via les laptop? Ce n’est pas un scénario fantasque, rappelons l’usage des médias de masse dans les pires massacres du XXème siècle, parfois commis par des enfants, avec la radio Mille Collines au Rwanda par exemple, ou la propagande nazie. Rappelons également que lors des coups d’Etat, les bureaux de la télévision sont souvent les premiers lieux stratégiques pris par les mutins.  Ce pourrait être la porte ouverte à la propagande d’Etat, à la falsification de l’histoire ou au prosélytisme religieux d’où qu’il vienne. En l’état, rien ne nous invite à nous alarmer, refermons ici la boîte de Pandore, mais il vaut mieux prévenir que guérir.

Ce projet est en quelque sorte une forme d’évangélisation numérique qui vise à révéler les compétences des enfants : le savoir descend du ciel via les petites antennes vertes et transforme ou transcende les élèves. Le savoir ne vient plus d’en face et de l’autorité professorale mais d’une petite boîte magique. C’est un projet révolutionnaire qui peut donc s’attirer des réticences des enseignants, qui ne sont pour la plupart pas formés aux nouvelles technologies dans les pays en développement, malgré les nombreux séminaires et projets d’introduction des TIC, avec le soutien des multinationales. Le sujet intéresse également certaines banques comme BNP Paribas, qui organise un atelier sur la question prochainement.

Tout comme les manuels scolaires, le savoir ou les compétences potentiellement délivrés ou multipliés par l’ordi peuvent être perçus comme concurrençant le travail et les compétences académiques des enseignants qui exercent dans des conditions difficiles. Si le laptop ne se substitue pas aux ressources pédagogiques habituelles, il est un coût matériel et humain supplémentaire, sans qu’on sache s’il permet d’atteindre les rendements scolaires escomptés. Quelle est sa place dans la stratégie pédagogique des enseignants ? Il serait utile de se pencher plus avant sur le calcul de l’utilité marginale du produit, bref du gain réel sur les résultats des élèves,  afin de le « vendre » aux autorités politiques.

En somme, ce sont là deux modèles d’école qui semblent être en concurrence : le modèle « martial » avec uniformes, rang par deux, levée du drapeau et parfois châtiments corporels et un modèle d’apprentissage « sur la place d’un village avec d’autres enfants ou sous le baobab », comme le dit Norberto Bottani.

Les chiffres des ordinateurs livrés dans les pays en 2009 sont quelque peu inquiétants et l’initiative mérite d’être appuyée. Il vous suffit de cliquer à droite sur la bannière OLPC.

Je tiens à remercier Wayne King et Dr. Ralph Dubienski qui m’ont permis de manipuler un XO lors d’une mission en Ethiopie. En retour, un coup de pub pour leur ONG HopEthiopa.

Pour en savoir plus et connaître quelques réactions sur cet outil, visitez ce blog.

D’autres innovations technologiques sont proposées comme le Tableau Blanc Interactif, voir une démonstration ou visitez le site du Fonds Mondial de Solidarité Numérique.

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