Un blog sur l'éducation dans les pays du Sud – A blog on education in the developing countries

8 janvier 2015

Analyse des backup : Statistiques sur l’utilisation des ordinateurs XOs à Nosy Komba


Pierre Varly & Abdallah Abarda

Ce billet retrace les méthodes et résultats préliminaires de l’analyse des sauvegardes/backup réalisés depuis 2010 sur les ordinateurs XOs déployées à Nosy Komba par l’association OLPC France. A l’heure où la question des usages (parfois appelée Learning analytics) intéresse la communauté OLPC mais également Orange Labs et d’autres centres de recherche, OLPC France s’est lancé dans un vaste projet de back up des informations provenant des XO et d’analyse des donnée. A ce jour, des données sont disponibles sur quatre années consécutives depuis 2010. Vous trouverez un ppt de synthèse en anglais ici. XO stats version avec 3 parties

Des statistiques sur l’utilisation des XO : pour quoi faire ?

L’utilisation des ordinateurs à l’école suscite de nombreuses interrogations mais reste relativement peu étudiée dans l’enseignement primaire et dans les pays en développement. Dans toutes les évaluations et études sur l’usage des ordinateurs à l’école, on ne sait généralement pas quels logiciels sont déployés, ni quels logiciels sont effectivement utilisés par les élèves.

Dans un article publié sur le site OLPC San Francisco, Sameer Verma fait le point sur les différents déploiements s’intéressant à la question des statistiques sur l’usage des XO, en notant l’existence d’un groupe de travail sur ces questions. On notera ainsi que les équipes du Paraguay, de Jamaïque, du Népal et d’Inde ont mis en œuvre des procédures permettant d’extraire des métadonnées. Il est possible grâce à une application Sugar–XO-stats de visualiser les données sur l’utilisation des XO. Voir le Sugar stats project. Tous ces déploiements utilisent les données du Journal Sugar où sont répertoriées les activités utilisées par les élèves.

La question est de savoir ce que font les élèves avec le XO. Le travail vient en complément des analyses qualitatives essentiellement basées sur les rapports des volontaires et observations en classe réalisées par Sandra Nogry dont plusieurs résultats ont été publiés sur le blog de l’association OLPC France ou dans la revue Frantice.

Procédure d’extraction des données

L’analyse se base sur les traces et fichiers produits par les élèves (notamment multimédia).Kevin Raymond a mis au point une nouvelle méthode pour exporter le journal et autres données utiles à des fins d’analyse. Le script se nomme dobackup.sh et doit être adapté à chaque nouvelle version de Sugar. Copiez ce fichier sur votre clé USB et rendez-le exécutable. Pour réaliser le back up du XO, vous devez faire tourner le script depuis le XO (activité Terminal ou un virtual shell).

Le programme va :

  • Créer un dossier séparé pour chaque backup/ordinateur (à l’aide du numéro de série)
  • Compresser le journal (/home/olpc/.sugar/default/datastore)
  • Sauvegarder le nom du XO dans un nouveau fichier
  • Copier le répertoire Gnome

Le script est disponible ici : https://git.sugarlabs.org/jparse/jparse/trees/master

Grâce au listing d’élèves et l’enregistrement d’un pseudo (nickname) et parce que pour certaines années les back up étaient organisées par classe, il est possible d’obtenir quelques informations sur les caractéristiques des élèves notamment le genre et le niveau scolaire.

Qualité des données

Les données souffrent d’un certain nombre de limites et ne permettent pas de répondre à toutes les questions de recherche. Jusqu’en 2014, les backup n’ont pas concerné tous les ordinateurs ni toutes les activités. Ensuite, comme les enfants travaillent en groupe et que les fichiers peuvent s’échanger entre élèves, il n’est pas possible d’attribuer strictement le contenu d’un XO à un seul élève. De plus, les XO changent de main d’une année à l’autre (même en cours d’année).

Si les données produites souffrent de diverses limites et nécessitent un travail minutieux de traitement et de vérification (notamment des dates), elles semblent dans l’ensemble être valides car reflétant la situation observée sur le terrain et documentée dans des rapports.

Méthodes d’analyse

Les outils d’évaluation des acquis scolaires (tests) et de l’analyse des curricula (programmes scolaires et pratiques en classe) peuvent être conceptuellement mis en œuvre dans le cadre de l’analyse des backup. Comme le suggère Bender & Urrea, il y a un certain nombre d’activités pour lesquelles on attend une réponse positive de l’élève (expected use) et pour lesquelles les élèves répondent effectivement ou non (real use). Les élèves sont donc stimulés à travers des activités et leurs réponses peuvent s’interpréter de la même manière que les réponses à un test.

L’analyse des corrélations entre activités montre que l’usage des activités est bien révélateur d’un comportement latent et non le fruit du hasard. L’Alpha de Cronbach qui mesure la manière dont les activités sont utilisées les unes avec les autres (corrélations) est égale à 0,74 en 2012, soit supérieur au seuil de 0,7 généralement retenu en psychologie pour pouvoir caractériser un comportement à partir de réponses à des stimuli ou à un test.

On mesure trois dimensions principales dans l’utilisation des activités : la variété des usages, l’intensité de l’utilisation et la fréquence/régularité. On pourrait aussi introduire l’autonomie et la créativité mais qui se mesurent mieux à travers les méthodes qualitatives (analyse des productions des élèves).

Pour être interprétées correctement, quelques informations contextuelles doivent être collectées en complément des données tirées des backup. Le niveau scolaire (CP à CM2) est prépondérant car il donne une indication sur l’âge, les enseignants dans l’école (qui ont des niveaux de formation et d’expérience avec le XO différents), les capacités cognitives de l’élève, ses capacités de lecture et également la durée de l’expérience de l’élève avec le XO. Les données collectées concernent à la fois des activités Sugar et des fichiers standards (jpeg, ogg.) et permettent également d’analyser les usages de Gnome (en dual boot avec Sugar).

Quelques résultats préliminaires

Les activités les plus utilisées en moyenne sur les trois ans sont : Ecrire , Speak, TamTam, Photo, ODF (Fichier), Enregistrer, Video, Implode, Fototon, Calculate, Word, Libray-OLPC (dossier ebooks), Calculate et Etoys. Elles sont utilisées par plus de 75% des élèves.

Polar chartSource : Varlyproject/OLPC France, backup de 2011 à 2013

Les données sont relativement stables dans le temps avec des pourcentages d’utilisation des activités qui ne varient pas beaucoup d’une année à l’autre. Les activités qui sont utilisés le plus intensément (le plus grand nombre de fois par élève) sont Memory, Video, Enregistrer, Photo, Word et Speak. Elles sont utilisées plus de vingt fois en moyenne par élève au cours de l’année. L’examen des écarts type et minimum-maximum montrent une grande dispersion dans l’intensité avec des élèves qui sont très actifs et d’autres qui ne le sont presque pas.

Globalement, les XO sont régulièrement utilisés et cela même en dehors des périodes de présence des volontaires. On remarque également que les pics d’utilisation dans la semaine sont souvent le mercredi, jour d’utilisation par les CM1-CM2, la classe la plus importante (60 élèves) et le vendredi après-midi, demi-journée libre pour les enfants. Les XO sont utilisés en dehors de l’école.

Les CP n’utilisent pas les activités qui requièrent un minimum de compétences en lecture/écriture telles que pdf, GCompris et chat. Les cours moyen utilisent davantage les livres numériques et l’activité Madagascar et pdf mais moins Turtle. Les filles et les garçons utilisent différemment le XO ce qui confirme les observations faites en classe. Les filles utilisent davantage Turtle, Calculate, Chat et Fototon. Ces résultats sur le genre rejoignent ceux d’autres études menées notamment par Orange Labs sur l’utilisation de tablettes au Niger, avec une plus grande propension des filles à l’utilisation d’activités de communication.

L’analyse en composantes principales permet de regrouper les activités en plusieurs dimensions/axes et de représenter les variables et les individus dans un même plan dit factoriel. On distingue deux axes, le premier axe vertical est constitué des activités soit promues en classe (memorize, Gcompris), soit nécessitant un minimum de compétences en lecture/écriture (rtf, pdf, epub) ou encore relativement proches du programme scolaire. Le second axe (horizontal) est constitué des activités moins scolaires et plus ludiques ou multimédia (speak, png, fototon, ogg) ou des activités qui s’écartent du programme scolaire dans leur contenu ou dans leur présentation. Le comportement des élèves selon ces deux dimensions est intimement lié à leur niveau scolaire avec des comportements nettement différents entre élèves du primaire et du collège.

En 2012, 81 % des élèves utilisent Gnome. Les principaux fichiers sur Gnome sont des fichiers vidéo, audio et des images. La moyenne de photos par élève est de 91 photos, ce qui est relativement important. La moyenne de vidéos visualisées est de 22 vidéos et de 13 fichiers HTML. Les élèves aiment beaucoup s’échanger des vidéos et morceaux de musique malgache ou internationale.

A venir

Ces analyses sont actuellement répliquées sur les données 2014 qui couvrent un plus grand nombre d’ordinateurs et d’activités (notamment celles qui ont été développées par l’association). En 2014, des tests de lecture ont été administrés sur un échantillon d’élèves de Nosy Komba afin de mieux mettre en relation compétences en lecture et utilisation du XO. Les résultats seront présentés dans un prochain billet avec également les programmes d’analyse sur le logiciel libre R. Il serait également souhaitable d’encourager les échanges entre déploiements : dans quelle mesure les usages varient-ils selon les contextes locaux et les logiciels déployés? Y a t’il des différences entre déploiements à large échelle avec des échanges formalisés entre enseignants et une communauté de soutien et les petits déploiements ?

Pour pouvoir comparer, encore faut-il qu’un tronc commun d’applications soit déployé par défaut sur Sugar, qu’on définisse des métriques communes et des gardes fous déontologiques sur l’utilisation de ces données individuelles. Là encore, les travaux peuvent être empruntés à la psychométrie et aux standards de l’APA (American Psychological Association) qui posent un certain nombre de jalons sur les expérimentations et tests en milieu scolaire, sur la validité des mesures et leur utilisation à des fins scientifiques. Si beaucoup de chemin reste encore à parcourir, les retombées potentielles en termes scientifiques ou opérationnels sont nombreuses.

Pour davantage de résultats et données, vous pouvez consulter cette présentation XO stats version avec 3 parties (en anglais) ou regarder la vidéo du Sugar Camp (avril 2014), avec des échanges avec la communauté OLPC sur ces questions.

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27 avril 2012

Une évaluation OLPC utile au Sri Lanka

Filed under: One Laptop Per Child — Étiquettes : , , , , — education_south @ 14 h 25 min

Des chercheurs sri-lankais de l’University of Colombo School of Computing (UCSC) et un chercheur visiteur au Department of Computer and Systems Sciences (DSV) de l’Université de Stockholm ont mené une évaluation indépendante d’un déploiement OLPC au Sri Lanka. Cette évaluation n’est pas financée par les autorités qui gèrent directement le projet : le Ministère de l’Education et la Banque mondiale.

Le projet OLPC au Sri Lanka

Le projet consiste à déployer 1000 ordinateurs XO équipés de l’interface Sugar dans 13 écoles primaires rurales. Il s’articule en plusieurs composantes.

  1. L’adaptation de l’interface Sugar aux langues cinghalaise et tamoule
  2.  Le développement des activités d’apprentissage comme des jeux interactifs sur la base du programme d’enseignement primaire
  3. La formation des enseignants pour intégrer le XO dans les activités en classe
  4. L’établissement d’une communauté de soutien pour les enseignants et les étudiants
  5. La mise en place d’un environnement d’apprentissage collaboratif de la classe ouvert sur le monde

Tant dans ses objectifs que dans ses résultats, ce déploiement ressemble beaucoup à ce qui se fait à Nosy Komba.

Après une revue de littérature et des sempiternelles discussions sur l’impact des projets OLPC, les auteurs remarquent que les ressources humaines et financières n’ont pas toujours été prévues pour la maintenance dans de nombreux déploiements de part le monde. Une telle situation est très fréquente dans les projets de développement : les bailleurs sont prêts à investir dans une dotation en capital physique ou humain, mais considèrent que c’est aux gouvernements ou aux bénéficiaires des projets de s’organiser pour maintenir le dispositif en état.

Plus spécifiquement, on note qu’il n’y a généralement pas de programme de réparation des machines. Sur ces deux aspects, on notera les mesures prise par OLPC France sur la formation des volontaires à la réparation des machines à travers ateliers et vidéos, de même qu’une planification précise des besoins financiers du déploiement.

Méthode d’évaluation

Pour l’évaluation, les écoles ont été séparées en groupes selon leur environnement socio-économique et une école est choisie dans chacun des groupes pour une analyse en profondeur. Des écoles témoins (sans XO) ayant des caractéristiques proches de celles dotées en XO ont été sélectionnées. Des collectes des données ont été effectuées avant la distribution (pré test) et après la distribution (post test). Il s’agit donc d’une évaluation d’impact de type randomisée (avec appariement des écoles) mais sur très peu d’écoles au final.

L’évaluation a portée sur la participation et l’implication des élèves en classe, la créativité et l’exploration et les compétences en écriture, mathématiques et arts. La collecte des informations s’est faite à travers des observations directes, des interviews et des sources administratives (registres). De plus, les journaux (log) XO des élèves ont été utilisés, ce qu’OLPC France a commencé à faire également.

Cette évaluation a été menée par des personnes qui ne sont pas liées aux institutions implémentant le projet. Il s’agit d’une évaluation formative visant un retour d’expérience plus que d’une évaluation sommative mesurant par exemple les résultats finaux d’un projet.

Quels sont les résultats de l’évaluation ?

En termes de distribution, les élections de 2008/2009 ont retardé la livraison des machines. Les enfants ont reçu les machines plusieurs mois après l’inauguration du projet en grande pompe. Certains n’en n’ont pas reçu du tout et la saturation n’a pas pu être atteinte dans les écoles (ce qui soit dit en passant peut être utilisée pour comparer les résultats des enfants avec et sans XO dans une même classe).

Comme toujours, le problème d’électricité s’est posé ainsi que celui du fonctionnement de certaines batteries et du câble. Les auteurs recommandent d’avoir une personne dans l’école apte à effectuer les réparations qui s’imposent.

Comme à Nosy Komba, l’usage du XO a été fait en dehors des heures officielles. Les auteurs ont pu tracer la courbe d’utilisation des XO, qui s’avère l’élément novateur de leur étude : lors des deux premiers trimestres de la 1ère année, il est pour eux prématuré de laisser les XO aux enfants qui ont des difficultés à les transporter chez eux. La courbe suivant montre que l’usage des XO atteint un pic en fin de 4ème année avant de chuter brutalement. Cela peut être du au fait que la 5ème année est la fin du 1er cycle du primaire sanctionné par un examen, qui devient une priorité pour les élèves et les enseignants.

Schéma d’utilisation du XO au cours de la scolarité

Recommandations opérationnelles

Les auteurs suggèrent d’introduire d’autres types d’équipements informatiques à partir de la 5ème année sans préciser lesquels.

Pour faire face au faible rendement des toutes premières formations des enseignants, le Ministère de l’Education a initié le développement de jeux interactifs basés sur les programmes officiels. Ce qui n’est pas sans rappeler l’usage de l’activité Memory à Nosy Komba. Il faut promouvoir l’usage du XO car passés les premiers mois, qui correspondent à la découverte d’un univers,  l’intérêt des enfants décroit. Les auteurs recommandent de raccorder l’école à un réseau informatique pour permettre la formation continue des enseignants, ce qui s’est fait à Nosy Komba.

Les auteurs saluent l’initiative du Ministère de l’Education de développer des outils pédagogiques libres pouvant servir sur des environnements de travail variés (open source). Sans mise à jour régulière des contenus (flashage), les logiciels n’évoluent pas avec le cursus scolaire mais il est possible de charger les manuels scolaires ou textes sur les XO. A Nosy Komba, pour l’instant des livres en malagasy ont été installés sur les XO.

Chaque nouvelle année scolaire, il faut  mettre à jour les contenus afin de maintenir l’intérêt des élèves. Une solution est d’impliquer les enseignants et les élèves dans le développement des activités, bien que ce ne soit pas facile dans la pratique.  Il est possible de faire un tableaudonnant pour chaque activité Sugar le niveau de difficulté et l’année scolaire la mieux indiquée.

Afin de faciliter l’élaboration de contenus et le retour d’expérience, la mise en place de réseaux Mesh ou Internet est une voie à privilégier. Une telle configuration permet aussi la mise en ligne des travaux des élèves, la résolution de problèmes rencontrés par les enseignants et la production d’informations statistiques sur les usages des XO, ce qu’OLPC France fait avec le back up des journaux des élèves à travers le school serveur. Une bibliothèque numérique disponible en ligne a été créée au Sri Lanka.

Ainsi, le projet OLPC Sri Lanka a été adapté, customisé au contexte local au fur et à mesure. Plutôt que de réaliser une évaluation bête et méchante visant à produire un jugement définitif sur OLPC, vu comme un tout, les auteurs ont tâché de mettre à disposition leurs compétences pour améliorer le projet. Cela n’est pas sans rappeler ce qui se fait à Nosy Komba également, de manière informelle. De plus, au Sri Lanka, des développements positifs ont été observés dans les connaissances, les compétences et les attitudes des élèves.

Cette évaluation n’est pas un instrument de pouvoir mais davantage un processus collectif d’apprentissage parfaitement naturel, appuyé par des outils scientifiques. Des évaluations « comme on aimerait en voir plus souvent ».

Plus d’informations, consultez cette infographie, cette présentation et le papier complet en anglais.

Traduction et synthèse à partir de : K. P. Hewagamage, H.M.S.J.Meewellewa, , G.K.Munasinghe, ,H.A.Wickramarachi (2011), Role of OLPC to Empower ICT Adaptation in the Primary Education, Education in a technological world: communicating current and emerging research and technological efforts, A. Méndez-Vilas (Ed.) ©FORMATEX 2011

1 mars 2012

L’éducation numérique en Françafrique


Dans cet article, tout est sans doute faux et c’est surement tant mieux.

La DIENA (Délégation Interministérielle à l’Education Numérique en Afrique) est dotée d’un budget de 50 millions d’euros ?? (ou 15 millions officiellement). Le projet prolonge quelque peu les inforoutes francophones. Tout internetomobiliste ayant pu circuler sur les fameuses routes est prié de se manifester. Vaste blague.

Dans le milieu français de la coop. (ou ce qu’il en reste) beaucoup s’interrogent sur cette initiative pilotée par Alain Madelin. Cet odieux personnage, au passé fasciste, chantre de l’ultralibéralisme est donc chargé par la Présidence de développer l’éducation numérique en Afrique et d’agir pour les « ch’tis n’enfants ». Agit-il pour le compte de la World Company ?  Voir cette fameuse vidéo des guignols avec le Commandant Sylvestre, « il faut libéraliseeer ».

« Patrick Devedjian et Alain Madelin, fondateurs du mouvement Occident, mouvement étudiant d’extrême droite seront condamnés par le tribunal correctionnel de Draguignan à un an de prison avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve pour vol et détention d’armes. ». La bande de guignols était complétée par Gérard Longuet, ministre de la Défense, plusieurs fois mis en examen.

Quel est l’objectif de cette DIENA ? La question se pose puisque Madelin (à deux lettres près un cartel colombien) parle de faire des « plus value ». Que fait la DIENA ? Elle distribue des tableaux blancs interactifs en Afrique. C’est sans doute très bien mais on peut s’étonner des moyens mis à disposition, comme un ambassadeur chargé de mission, un VRP-VIP en somme, dans un contexte de réduction drastique des dépenses publiques. Il s’agit de la fameuse RGPP, qui a eu raison de la DGCID (la Coop.), saluée comme un avancée par nos « camarades » de l’OCDE, mais décrié par l’Assemblée Nationale et la Cour des Compte, que l’on incite d’ailleurs à lorgner du côté de la dite DIENA.

D’un côté, on a vendu l’immeuble historique de la coop. « Rue Monsieur », sabré tous les projets FSP (Fonds de Solidarité Prioritaire) et les budgets des instituts culturels (qui équivalent souvent le coût du séjour d’un vulgaire Secrétaire d’Etat de la coop. dans un pays) ; de l’autre on investit dans le numérique. Ca fait bien, moderne, ca fait « in », ca fait AAA, ah non pardon AA+.

Monsieur Madelin se comporte de manière outrancière lors des réunions de la Francophonie (s’invite avec son cigare à la table des ministres), tout comme son collègue Darcos à deux doigts de provoquer un incident diplomatique au Canada. Ils sont la honte de la France. Ces personnages malfaisants et grossiers ont contribué à la mise en œuvre d’une NON politique de coopération et à pourrir les relations franco-africaines.

La DIENA est une sorte de partenariat public-privé très opaque qui : « s’inscrit dans la contribution française au partenariat franco-britannique », lui-même complètement virtuel. Elle se fonde sur les cendres du Fonds Mondial de Solidarité Numérique, qui n’a de mondial que le nom. Là encore sur le site de ce fonds mondial sans le sou, on y vend des TBI Low Cost. Yeah ! Le contenu du site de la DIENA tient sur un post it…Tout ce que l’on sait : « c’est un projet conçu par les africains pour les africains », un langage de gardé à vu présumé innocent.

Une revue des plans de développement de l’éducation des pays africains francophones montre que les priorités « nationales » ne sont pas l’achat de matériel informatique dans les écoles. Rien n’empêche de multiplier les projets d’introduction de l’informatique dans les écoles, mais pourquoi choisir un seul type de matériel, sur quelles bases ces choix ont été opérés ? Y a-t-il eu des évaluations d’impact?

Quelles sont les sociétés qui vendent ces matériels : Bolloré bien sûr !! Voir en dessous de cette vidéo sur les TBI au Niger : « Le Tableau Numérique Interactif en Afrique est une initiative du REPTA (Réseau Éducation pour Tous en Afrique) avec le soutien de SMART Technologies (inventeur du TBI-NDLR) et Le Groupe Bolloré. »

Quel est exactement la part de l’intérêt public et celle du privé dans cette affaire ?

On apprend sur le site du projet Sankoré, qu’on a remis cinq mallettes Sankoré (sic !) au « Collège militaire Eyadéma de Tchitchao, vitrine de l’enseignement secondaire au Togo affichant de brillants résultats aux examens du baccalauréat ». Très intéressant, ma fois révélateur, comment consolider le pouvoir militaire du Togo de générations en générations. Mais bon ne critiquons pas, pour une fois que les mallettes vont dans le bon sens.

Il s’agit également de refourguer les vieux ordinateurs en Afrique, comme on fait avec les voitures. « En France, on incite les entreprises à donner leurs vieux ordinateurs à leurs salariés, sans charges sociales ni fiscales, comme prévu par la loi de Finances 2008, Éric Besson […] vient de signer une charte devant servir de « cadre de mise en oeuvre » à ce projet, ce mardi 24 juin 2008. Cette signature avec des « entreprises pilotes » comme Bolloré… » comme c’est mignon !

Curieusement, l’économie numérique est placée au Secrétariat d’Etat chargé de la Prospective, de l’Évaluation des politiques publiques, qui ferait bien de s’auto-évaluer. En France, la mission sur les TIC pour l’éducation était dirigée par Jean-Michel Fourgous, député UMP, Président de l’amicale France-Congo, qui s’est permis de critiquer les observateurs de l’UE des élections congolaises. Proche de Dassault et grand fan des avions Rafale (« le meilleur avion du monde »), il est également partisan d’un retour (partiel) à la peine de mort !Tout cela semble très mal parti.

Les dispositifs français de coopération éducative et culturelle ont été saccagés par la Présidence Sarkozy, qui a recruté la demi-sœur de Carla Bruni-Sarkozy comme « spécialiste du développement international » (l’information vient du Figaro), Première Dame elle-même mis en cause sur la question de l’utilisation du Fonds Mondial Sida.

Il est légitime de s’interroger sur cette manne de 50 millions d’euros ?, donnée à Alain Madelin comme un os à ronger. A qui cet argent profite t’il : aux petits africains ou aux groupes industriels des amis de la Présidence ?

Par mesure de précaution, il est grand temps de changer ce gouvernement malsain et corrompu, dans l’intérêt de la France et dans celui des africains. Utilisons le seul outil interactif qu’il nous reste : le vote !

 Pierre Varly

26 août 2010

L’évaluation des déploiements OLPC : quelles méthodes ?

Filed under: One Laptop Per Child — Étiquettes : , , — education_south @ 16 h 04 min

Ce papier résulte d’une demande faite par OLPC France lors d’un séminaire réalisé par l’Atelier BNP Paribas, le 3 février 2010. Une revue des évaluations OLPC est faite ainsi qu’une proposition de méthode commune.

La version intégrale est disponible ici :Evaluation_OLPC_Varly_FR

Une première version a été transmise à OLPC et a pu bénéficier des commentaires de Bastien Guerry, Lionel Laské, Jonathan Ragot, membres d’OLPC France, de Norberto Bottani et Edward Bethel. Nous les en remercions ainsi que l’ensemble de la communauté mondiale OLPC, qui publie un nombre incalculable de ressources en ligne.

Ce papier a été réalisé sur une base volontaire dans l’esprit du projet OLPC. Il se veut une petite pierre à l’édifice du projet One Laptop Per Child et se concentre sur les questions d’évaluation.

En l’état, les évaluations des déploiements OLPC en termes de résultats d’apprentissages sont encore peu nombreuses. Plus généralement, très peu de travaux se penchent spécifiquement sur l’évaluation des projets en mode One to One (Un ordinateur-Un enfant). Les recherches font souvent l’impasse sur les solutions technologiques déployées.

Les contextes de déploiement doivent être pris en compte afin de proposer des méthodes d’évaluation adaptées aux pays du Sud, cible du projet OLPC. En effet, les problématiques des pays en développement sont plus larges que dans les pays dits développés (abandons, redoublement, faible temps d’apprentissage, …).

La revue des différentes évaluations OLPC montre un fort effet sur la motivation et les attitudes des élèves, que l’on retrouve également dans la plupart des projets TICE. Le déploiement des XO semble être un levier de réduction de l’absentéisme. Peu de mesures des résultats d’apprentissage ont été mises en oeuvre, et on ne peut pas répondre à la question de savoir si les XO améliorent véritablement la qualité des acquis.

Le papier propose donc une méthode d’évaluation d’impact qui pourrait être mise en œuvre à Nosy Komba, île de Madagascar où les XOs ont été déployés avec l’aide de l’association OLPC France et l’ONG « G du Cœur ». Cette méthode pourrait être également utilisée dans le cadre d’autres déploiements.

Une note opérationnelle a été également remise aux volontaires d’OLPC France afin de pouvoir réaliser facilement une évaluation.

Voir également le post précédent.

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Pierre Varly

Ce papier résulte d’une demande faite par OLPC France lors d’un séminaire réalisé par l’Atelier BNP Paribas, le 3 février 2010. Une première version a été transmise à OLPC et a pu bénéficier des commentaires de Bastien Guerry, Lionel Laské, Jonathan Ragot, membres d’OLPC France, de Norberto Bottani et Edward Bethel. Nous les en remercions ainsi que l’ensemble de la communauté mondiale OLPC, qui publie un nombre incalculable de ressources en ligne.

Ce papier a été réalisé sur une base volontaire dans l’esprit du projet OLPC. Il se veut une petite pierre à l’édifice du projet One Laptop Per Child et se concentre sur les questions d’évaluation.

Plus précisément, on fera une lecture critique de l’évaluation des projets de déploiement OLPC afin de proposer une démarche qui pourrait être mise à l’essai à Nosy Komba et servir de base pour de futurs déploiements dans les pays du Sud.

En l’état, les évaluations des déploiements OLPC en termes de résultats d’apprentissages sont encore peu nombreuses. Plus généralement, très peu de travaux se penchent spécifiquement sur l’évaluation des projets en mode One to One (Un ordinateur-Un enfant). Les recherches font souvent l’impasse sur les solutions technologiques déployées.

Les contextes de déploiement doivent être pris en compte afin de proposer des méthodes d’évaluation adaptées aux pays du Sud, cible du projet OLPC. En effet, les problématiques des pays en développement sont plus larges que dans les pays dits développés (abandons, redoublement, faible temps d’apprentissage, …).

La revue des différentes évaluations OLPC montre un fort effet sur la motivation et les attitudes des élèves, que l’on retrouve également dans la plupart des projets TICE. Le déploiement des XO semble être un levier de réduction de l’absentéisme. Peu de mesures des résultats d’apprentissage ont été mises en oeuvre, et on ne peut pas répondre à la question de savoir si les XO améliorent véritablement la qualité des acquis.

Le papier propose donc une méthode d’évaluation d’impact qui pourrait être mise en œuvre à Nosy Komba, île de Madagascar où les XOs ont été déployés avec l’aide de l’association OLPC France et l’ONG « G du Cœur ». Cette méthode pourrait être également utilisée dans le cadre d’autres déploiements.

Une note opérationnelle a été également remise aux volontaires d’OLPC France afin de pouvoir réaliser facilement une évaluation.

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